Lan passé, deux vents contraires ont soufflé sur le marché de la finance participative. Dun côté certains intermédiaires, à limage de Younited Credit et October qui sappelait encore Lendix il y a quelques mois - sortent grandis de lannée 2018. Younited Credit, plateforme française spécialisée dans le prêt à consommation, est partie à la conquête du Portugal, après avoir déjà posé ses valises en Italie, en Espagne, en Allemagne et en Autriche. En 2018, October a aussi peaufiné sa stratégie dinternationalisation. Déjà présente en France, en Espagne, en Italie ou encore aux Pays-Bas, la plateforme, qui fait cohabiter investisseurs institutionnels et particuliers, a récemment changé de nom pour faciliter son installation à létranger.
A linverse, lannée dernière, la finance participative a aussi été marquée par une faillite, et pas des moindres, puisque cest le pionnier du prêt participatif en France, Unilend, qui a cessé son activité. Dans ces conditions, quel bilan général peut-on dresser de lannée 2018 ? Réponse en 5 chiffres, tous tirés du « baromètre 2018 du crowdfunding en France » réalisé par KPMG pour lassociation Financement Participatif France (FPF).
1) Les fonds collectés ont progressé de 20%
En 2018, le financement participatif - tous secteurs et tous types de plateformes confondus - a attiré 402 millions deuros, contre 336 millions deuros lannée précédente. Les fonds collectés ont ainsi progressé de 20%. La croissance a donc été soutenue. Néanmoins, elle sest quelque peu tassée par rapport à 2017. Elle avait alors bondi de plus de 43%. Certains y verront un signe de maturité, dautres un essoufflement.
Cette collecte élevée est par ailleurs en trompe-lil puisquelle est essentiellement portée par quelques plateformes. Daprès nos calculs, October en accaparerait à elle seule plus de 15%.
2) Baisse de 2% des montants levés pour les plateformes de dons
Petit poucet en termes de fonds collectés mais branche historique du crowdfunding, le don participatif ne sort pas indemne de lannée 2018. Les sommes totales collectées ont atteint 81,5 millions deuros, en repli de 2% par rapport à 2017. Il sagit dune première depuis la publication de ce baromètre en 2013. Jusqualors, année après année, les dons progressaient. Pour les premiers intéressés, les plateformes et évidemment les associations, cette baisse na rien de surprenante. 2018 a été notamment marquée par la suppression de limpôt sur la fortune (ISF). Auparavant, les contribuables donateurs pouvaient défiscaliser jusquà 75% des sommes versées.
De même, linvestissement en capital ne fait également plus recette. Pour la deuxième année consécutive, les montants collectés sur les plateformes de crowdequity diminuent : -19% en 2018, après -15% en 2017.
Voir aussi : Le déclin de l'investissement en capital s'accélère
3) 7 euros sur 10 vont au crowdlending
A linverse, les crowdfunders privilégient les plateformes spécialisées dans le prêt. En 2018, ces dernières ont récolté 273 millions deuros, en hausse de 40% sur un an. Les trois quarts sont investis en obligations.
A linverse, les minibons - ces bons de caisse accommodés à la sauce crowdfunding - ne décollent pas. Pire, ils sont de moins en moins utilisés par les investisseurs. 6,3 millions deuros ont été investis via des minibons en 2018, après 10,8 millions en 2017 et 8,4 millions en 2016.
4) Le crowdfunding a perdu 128 000 contributeurs
Plus inquiétant pour les plateformes, le nombre dépargnants ayant pris part à au moins une collecte a baissé de 8% en un an, à quelque 1,5 million de crowdfunders en 2018. Autrement dit, le secteur a perdu près de 130 000 contributeurs. Cette perte est due en partie aux mauvais résultats des plateformes de dons. En témoigne le nombre moyen de donateurs par projet (sans contrepartie) qui est passé de 55 en 2017 à 38 en 2018.
5) 1 crowdfunder sur 4 habite lIle-de-France
En 2018, 25% des personnes ayant participé à une campagne de finance participative résident en Ile-de-France, contre près d1 crowdfunder sur 3 lannée précédente. A linverse, la part des contributeurs résidant en Auvergne-Rhône-Alpes progresse de 3 points à 18%. Les crowdfunders bretons sont aussi plus nombreux en proportion : ils passent de 2,9% à 4,7% en 2018.
En moyenne, les personnes faisant un don sans récompense octroie 91 euros par projet. Sagissant des plateformes de crowdlending, les prêteurs investissent de 349 euros, pour les collectes sous forme de prêts avec intérêts, à 7 504 euros quand il sagit dacheter des obligations.
Lire aussi : Epargne : faut-il encore croire au prêt participatif ?

















