La sanction est toutefois dune autre ampleur : Generali Vie se voit infliger un blâme et une sanction pécuniaire de 5 millions deuros, quand lamende se limitait à 500.000 euros et à un avertissement pour la MIF. La décision a été rendue le 24 juillet 2015 pour Generali Vie et publiée ce mardi.
Motif principal : « le dispositif de LCB-FT [lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme] de Generali Vie présentait de très sérieuses carences ». Parmi les douze griefs énoncés par lAutorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) : des insuffisances dans la communication dinformations à Tracfin, la cellule financière anti-terroriste et anti-blanchiment de Bercy, des omissions de déclarations de soupçon quand cela aurait été nécessaire, des déclarations « insuffisamment détaillées et documentées », un dispositif de suivi et danalyse « insuffisant pour détecter efficacement lensemble des anomalies », des contrôles « pas efficaces » pour détecter et traiter les « personnes politiquement exposées », etc.
Le patrimoine de 2 à 5 millions dun « moniteur de ski »
La mission de contrôle de lAutorité a notamment relevé « 150 dossiers de relations daffaires (personnes physiques et morales) » où Generali Vie a montré des « défaillances en matière dinformations relatives à la connaissance du client, à lentrée en relation daffaires ou au cours de celle-ci ».
Par ailleurs, au rayon des dossiers qui auraient nécessité un « examen renforcé » selon le régulateur des secteurs banque et assurance, le régulateur cite plusieurs exemples. Parmi eux : « le rachat de la totalité dun contrat de 2,8 millions deuros 4 mois seulement après sa souscription aurait dû donner lieu à une recherche de justificatifs ». Dans un autre cas, lAutorité fait état de « lincohérence » entre lactivité dune personne, « moniteur de ski », et « son patrimoine déclaré compris entre 2 et 5 millions deuros ». Une incohérence qui « aurait dû, lors du rachat partiel, à hauteur de 1 million deuros, dun contrat de 1,5 million deuros souscrit 8 mois plus tôt, donner lieu à une analyse approfondie de cette dernière opération ».
Un plan correctif mis en uvre « dans 2 ans »
LACPR sanctionne ainsi Generali Vie pour un délai trop long de mise en conformité avec une ordonnance datant de 2009 sur la prévention de l'utilisation du système financier aux fins de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Et ce même si lACPR souligne leffort « désormais consenti » par lassureur-vie : « la correction des insuffisances constatées dans le cadre dun plan daction ambitieux, mis en place en 2013, renforcé depuis et suivi au plus haut niveau de lentreprise, est à mettre au crédit de Generali Vie mais ne conduit pas à remettre en cause les griefs ». Car si Generali Vie affirme avoir engagé « 30 millions deuros pour mettre à niveau son dispositif », la société « ne prévoit dachever la mise en uvre de ce plan que dans 2 ans ».


















