Le budget 2023 de la Sécu prévoit une hausse de 3,7% des dépenses de santé l'an prochain, puis de 2,7% maximum les années suivantes, ce qui « suppose une action résolue pour freiner la dépense », a indiqué dimanche le Haut conseil des finances publiques (HCFP).

Une cure de rigueur se profile pour l'assurance maladie. Ces trois dernières années, le Covid et le « Ségur de la santé » ont fait bondir les dépenses de plus de 20%, à près de 245 milliards d'euros.

Mais le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023 prévoit une « progression sensiblement moins rapide » dans un proche avenir, note le HCFP dans son avis sur le texte qui sera présenté lundi en Conseil des ministres.

Pas dès l'an prochain, puisque le texte fixe un objectif de dépenses d'assurance maladie (Ondam) à 3,7%, sans compter l'enveloppe dédiée à la crise sanitaire : une provision d'un milliard pour les tests et les vaccins, qui « risque de se révéler très insuffisante ».

« Une action résolue pour freiner la dépense »

Cela permet cependant au gouvernement d'afficher un déficit en forte baisse pour la branche maladie, d'environ 20 milliards d'euros en 2022 à 6,5 milliards en 2023, selon l'avant-projet de loi de financement de la sécurité sociale, consulté dimanche par l'AFP.

Les pertes devraient ensuite continuer de se réduire à un rythme beaucoup plus modéré, pour s'établir à 2,6 milliards en 2026. Mais pour y parvenir, l'exécutif table sur un Ondam à « 2,7% en 2024 et 2025, puis 2,6% en 2026 et 2027 », ce qui « suppose une action résolue pour freiner la dépense (...) dont les modalités ne sont pas documentées », souligne le HCFP.

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Plus que sur l'hôpital, l'effort devra porter « en particulier (sur les) soins de ville, malgré l'impact haussier du vieillissement de la population et du progrès technique » qui feront gonfler les coûts, ajoute l'organisme rattaché à la Cour des comptes.

Une contrainte que le gouvernement devra intégrer au volet santé du Conseil national de la refondation, qui sera lancé le 3 octobre, avec pour objectif principal d'améliorer l'accès aux soins et de lutter contre les déserts médicaux.