Emmanuel Macron a promis « un chèque alimentaire » en 2022 aux ménages les plus modestes. Annoncée au menu de la loi pouvoir d'achat au lendemain des élections législatives, les contours de cette aide sont encore très flous.

L'inflation -énergie, matières premières - a pour effet de faire bondir les prix des denrées alimentaires en France et de mettre à mal le reste à vivre des ménages. Dans la grande distribution, on assiste à des hausses spectaculaires qui tirent vers les 5%. « Au vu de l'augmentation des prix de production agricole, il faut dans tous les cas s'attendre à une augmentation des prix alimentaires. Ils pourraient croître de 3,9% d'ici à la fin de l'année, après une hausse de 3,3% entre décembre 2021 et avril 2022 », estime Stéphane Colliac, économiste France chez BNP Paribas.

Pour répondre à la situation, le gouvernement planche sur un projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour faire face à la flambée des prix. Il devrait être présenté dans la foulée des élections législatives qui vont déterminer les contours de la future Assemblée nationale. Au menu de ce texte : bouclier tarifaire pour l'électricité et le gaz, pensions de retraite, coup de pouce sur les carburants et chèque alimentaire.

Le chèque alimentaire, c'est quoi ?

Le chèque alimentaire est un des projets retenus par Emmanuel Macron suite à la conventionn citoyenne sur le Climat de fin 2020. Son instauration a été définitivement adoptée dans la loi climat et résilience votée en juillet 2021 au Parlement. Il est destiné aux ménages précaires afin d'acheter des produits locaux, durables, voire bio.

Quel montant pour ce chèque alimentaire ?

Le montant du chèque alimentaire serait compris entre 30 et 60 euros par famille selon 60 millions de consommateurs. La fréquence de distribution comme les produits précisément concernés restent aussi à définir. Néanmoins, il semble difficile à mettre en place dans la grande distribution.

Selon Les Echos, lundi 27 juin, le montant sera de 100 euros mensuels plus 50 euros par enfants à charge.

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Qui va en bénéficier ?

Pendant la campagne présidentielle, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie, proche du chef de l'Etat, avait imaginé son versement en priorité à 1 million de jeunes de 18 à 25 ans.

« L'idée, c'est de dire que vous avez aujourd'hui près de huit millions de nos concitoyens qui ont du mal à avoir accès aux productions locales, aux productions de qualité, à nos productions françaises en réalité et donc il faut leur donner un coup de pouce pour les aider à acquérir cela », avait-il déclaré sur France 3 sans dévoiler les critères d'attribition ou le périmère précis d'éutilisation.

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Emmanuel Macron a simplement parlé en mars 2022 d'un dispositif destiné aux « classes modestes » et aux « classes moyennes ».

Selon Les Echos, lundi 27 juin, près de 9 millions de personnes vont en bénéficier : « les foyers allocataires du revenu de solidarité active (RSA), de l'allocation adultes handicapés (AAH), du minimum vieillesse (ASPA) ou de l'aide personnalisée au logement (APL). »

Quand sera-t-il mis en place ?

La création du chèque alimentaire sera lancée « dès cet été », a promis le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, mercredi 11 mai, à l'issue du dernier Conseil des ministres. Ainsi, l'objectif de fin 2022 semble raisonnable.

Reste à définir la façon de le distribuer. La Convention pour le politique plaidait pour que les Centres communaux d'action sociale (CCAS) assure le ce rôle. Une idée reprise ensuite par Bercy.

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