Le prix des billets d'avion devrait suivre le cours du pétrole. Et quand on sait que le carburant représente jusqu'à 45% des frais totaux d'un vol long courrier, la sanction est sans appel. Des hausses de 8% sont déjà constatées et elles pourraient s'accentuer avant l'été.

Quel que soit le carburant que vous utilisez, son litre à la pompe coûte désormais plus de deux euros, un tarif à peine compensé par la remise de 15 centimes accordée par le gouvernement. Des manifestations de routiers ou de marins-pêcheurs commencent aussi à naître partout en France, conséquence de la hausse des prix du pétrole liée à l'incertitude mondiale de la guerre en Ukraine. Et alors que Uber a augmenté le prix de la course, le transport aérien n'est pas en reste avec le risque de voir le prix des billets exploser à très court et moyen terme, explique Le Monde, mardi. Et ce, alors que les vacances d'été arrivent à grand pas, sur fond de levée des restrictions sanitaires.

« Les compagnies privées ont déjà relevé les tarifs de leurs billets d'avion de 8% », affirme Marc Rochet, directeur général d'Air Caraïbes, qui dessert notamment les Antilles ou La Réunion au quotidien. L'augmentation actuelle est évaluée entre 40 et 60 euros pour ces destinations alors que le carburant peut peser 45% du coût total d'un vol long-courrier. A l'échelle d'une compagnie aérienne, c'est environ 25% de son budget annuel.

« Quand vous avez un produit comme le pétrole qui vient de prendre 50% en quelques jours et qui pèse pour un quart dans vos coûts, le calcul est simple et les augmentations des prix des billets seront de 10 à 12% », poursuit Marc Rochet au micro de France Inter.

Un supplément carburant possible

Les voyageurs qui ont déjà acheté leurs billets ne subiront aucune augmentation mais les propriétaires de packs vol + hôtel par exemple pourraient se voir demander un supplément carburant. Ce montant à régler en plus ne peut excéder 8% s'il est demandé moins de 20 jours avant le départ. Si l'augmentation est supérieure, elle doit être demandée 30 jours avant le départ et peut-être refusée par le voyageur contre un remboursement intégral, selon la Médiation du Tourisme.

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Jusqu'à maintenant, Air France est la seule compagnie française à ne pas avoir augmenté ses tarifs, selon Le Monde. En effet, les stocks de kérosène sont achetés plusieurs années en amont pour éviter les pénuries. Pascal de Izaguirre, PDG de Corsair, explique lui à La Tribune que « le prix au matin du 9 mars est près de deux fois et demi plus élevé que celui sur lequel il s'est appuyé pour construire son budget. » A l'opposé, Ryanair est la compagnie européenne qui dispose des plus grandes réserves.

Une hausse des redevances aériennes

« La crise du Covid a fait descendre par l'ascenseur les compagnies aériennes à travers le monde. Nous commencions à remonter par l'escalier, donc progressivement et avec beaucoup d'efforts. Et maintenant la guerre en Ukraine nous laisse penser que l'on va rester bloqués sur un palier pendant un bon moment, voire redescendre un peu », a expliqué Alain Battisti, le président de la Fédération nationale de l'aviation et de ses métiers (FNAM), dans une réunion du secteur aérien selon VoyageAffaires.com.

A cette occasion, le dirigeant a aussi regretté la hausse des redevances aériennes demandées par l'Etat. Il évoque un bond de 22% pour compenser la crise de la Covid. Ses conséquences sur le prix des billets est, pour l'heure, non évaluée.