Alors que le gazole dépasse désormais les 1,88 euro en moyenne, les automobilistes cherchent des solutions pour pallier à cette augmentation. Tandis que certains siphonnent, d'autres utilisent du superéthanol E85, sortent leur vélo ou plébiscitent le covoiturage. Retour sur les systèmes alternatifs utilisés par les Français.

Lorsqu'en moyenne, le prix du gazole atteint aujourd'hui 1,8831 euro le litre, les Français trouvent des solutions toujours plus imaginatives pour économiser sur le prix des carburants. Selon les derniers chiffres du ministère de la Transition écologique publiés lundi, le litre de gazole a augmenté de 14 centimes en une semaine. Le litre de super SP 95-E10, lui, a atteint 1,8713 euro (+7,16 centimes). Une moyenne nationale puisqu'aujourd'hui à Paris ou sur les autoroutes, les prix dépassent déjà 2 euros le litre.

Et visiblement la hausse du prix des carburants n'est pas terminée. Selon Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres Leclerc invité par France Info ce lundi 7 mars, « il va y avoir une hausse de 8 à 10 centimes du litre dans toutes les stations de France cette semaine ». Voici comment les conducteurs essaient de limiter la flambée des prix à la pompe.

Le superéthanol pour ne faire que des demi-pleins

L'attrait pour le superéthanol E85 à 0,8 euro le litre en moyenne ne se dément pas auprès des automobilistes. Sauf que certains se livrent à un drôle de mélange alors qu'ils n'ont pas installé le boîtier de conversion adapté, qui coûte entre 700 et 1 600 euros, pour utiliser ce carburant en toute sécurité. Pour faire face à l'augmentation des prix de l'essence, ils remplissent le réservoir d'une moitié de SP95-E10 et une autre de superéthanol E85. Mais ce cocktail peut être dangereux pour le moteur. Plus corrosif que l'essence quand il se charge d'eau par effet de condensation, ce biocarburant à base de betteraves et de céréales, représente un risque pour les injecteurs. Sans compter que votre assurance auto peut vous faire faux bond si vous n'avez pas installé un de ces boîtiers. En cas de problème mécanique, il peut refuser la prise en charge des factures de réparation s'il constate qu'il y a eu association de carburants.

« Les jeunes viennent faire des mélanges avec ce carburant à 86 centimes le litre. J'en vois de plus en plus, avec un ratio d'éthanol de plus en plus élevé. Un jour, l'un d'eux m'a expliqué que les pannes étaient mineures, qu'il s'agissait de petites pièces pas trop chères à changer en particulier pour les véhicules un peu anciens », témoigne auprès du Monde une vendeuse de carburant.

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Le succès du GPL

Le GPL aussi séduit de plus en plus. Et pour cause : il s'affiche encore sous la barre des 1 euro le litre (0,92 euro en moyenne). « Sur un an en moyenne et selon l'utilisation que l'on fait du véhicule, le gain de carburant annoncé est de 30% par rapport au diesel et de 40% par rapport à l'essence », rapporte Nice Matin. Résultat, ce carburant grignotte des parts de marché. En 2021, 46 420 véhicules neufs roulant au GPL ont été immatriculés, trois fois plus qu'en 2020.

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Le siphonnage a la cote

Si certains tentent donc d'économiser en carburant, d'autres décident de tout simplement le voler. Le 2 mars dernier, un homme a été interpellé en Seine-et-Marne (Pontault-Combault). Il avait été surpris dans une zone industrielle alors qu'il siphonnait le réservoir d'un camion. Un camion-citerne a également été braqué par des malfaiteurs sur l'autoroute A13, peu avant Mantes-la-Jolie (Yvelines).

Le vélo ou le covoiturage

Pour moins sortir sa voiture et donc dépenser moins, certains font du covoiturage. « Nous sommes à un moment charnière, avec une vraie tendance de fond depuis cet automne. D'ordinaire, nos chiffres baissaient pendant les vacances. Mais cet hiver, nous avons continué à croître », explique Adrien Tahon, directeur général de BlaBlaCar Daily au Parisien.

Le vélo aussi fait du chemin. Depuis le 1er janvier 2021, le forfait mobilité durable permet aux entreprises de prendre en charge les frais de trajets de ses salariés lorsqu'ils utilisent un moyen de transport alternatif. Même si la prise en charge n'est pas obligatoire, elle a, sans aucun doute, poussé les Français à utiliser ce type de transport pour leurs déplacements domicile-travail.

Le télétravail

Il reste encore une façon d'économiser sur le prix du carburant : le télétravail pour ceux qui peuvent. « Le carburant qui coûte le moins, c'est encore celui que l'on ne consomme pas », rappelle un salarié interrogé par Le Parisien.

Les ventes de carburant en baisse

« On constate, selon les points de vente, des baisses de 5 à 10% des ventes. Les gens voyagent moins, prennent les transports en commun, font du covoiturage », rapporte Francis Pousse, représentant des stations-service françaises, à l'AFP. « Il peut y avoir des ajouts d'éthanol (dans les voitures à essence). La tentation est grande », indique-t-il.