Vous connaissiez peut-être le DICI, ou « document dinformation clé pour linvestisseur » ? Voici le DIC, sans « i ». Première différence entre le DICI, lancé en 2012, et le nouveau DIC apparu en 2018 : lampleur des produits concernés. Le nouveau document dinformations clés touche tous les produits financiers « packagés ».
Dans ce panel figurent le contrat dassurance vie ainsi que lensemble de ses fonds, en euros et unités de compte (UC), mais aussi les différents profils de gestion pilotée, les SCPI, les fonds à formule (ou produits structurés), les dérivés, etc. Les distributeurs de produits financiers doivent remettre ce DIC à leur client si ces fonds sont souscrits via une assurance vie, un PEA, un plan dépargne salariale, etc. Les actions en direct ne sont en revanche pas concernées car il ne sagit pas de produits « packagés ».
Pour lheure, nouveau DIC et ancien DICI cohabitent puisque les fonds dinvestissement (Sicav et FCP) qui faisaient lobjet dun DICI profitent dun délai de mise en uvre : il n'est pas pas obligatoire à ce jour pour les OPCVM (Sicav et FCP). Le nouveau DIC sera généralisé en 2020 : il concernera alors l'ensemble de ces produits, sans exception.
Un format standardisé
Lobjectif de ce DIC est de fournir aux épargnants une information standardisée : le document se présente ainsi toujours de la même manière, sur 2 ou 3 pages, avec les mêmes rubriques et informations, afin de pouvoir comparer deux produits similaires. Il est censé synthétiser fonctionnement, risque et performance potentielle du placement concerné.
Les premières rubriques de ce DIC sont assez descriptives et faciles à lire : lobjectif du produit, sa « fiche didentité » (nom, famille dinvestissement, site web, etc.), durée dinvestissement recommandée, et un « indicateur de risque », de 1 à 7, à limage de ce que les investisseurs pouvaient déjà lire sur un DICI.
Les scénarios de performance
Certaines rubriques sont plus inhabituelles. Afin daider les investisseurs à dompter ces nouveaux DIC, lAutorité des marchés financiers (AMF) a publié un nouveau « guide pédagogique » dédié. Précieux pour comprendre les « scénarios de performance » : un tableau qui ne figure pas sur le DIC du contrat de lassurance vie, mais qui doit figurer à terme sur le DIC de tous les autres supports concernés. Dans un tableau le gestionnaire doit chiffrer lévolution dun investissement de 10 000 euros, selon quatre scénarios dévolution de marchés, plus ou moins favorables, le scénario dit « de tension » étant censé être « le moins probable » comme lexplique lAMF.
Pour lexemple ci-dessus, lAMF détaille le « scénario intermédiaire », celui qui est censé sapprocher au plus près de lévolution attendue. Déduction faite de « lestimation des frais », 4,6% représente ici le « rendement annuel moyen » que vous pourriez dégager « si le produit se comporte à lavenir comme il sest comporté dans le passé et si vous le conservez pendant 10 ans », la « période de détention recommandée ».
LAMF met toutefois les investisseurs en garde : « Si le scénario défavorable indique une performance positive, cela ne signifie pas que la valeur de linvestissement ne pourra pas baisser car les performances passées ne préjugent pas des performances futures. » Bref, ces scénarios de performance sont avant tout un élément de comparaison entre différents placements.
Une estimation du coût de linvestissement
A la rubrique « Que va me coûter cet investissement » figurent deux tableaux. Un premier compréhensible relativement aisément, avec le coût total tous frais compris « si vous sortez après 1 an » ou après la durée recommandée. Apparaissent ici un montant en euros et un pourcentage montrant à quel point les frais rognent le rendement du produit. Le tableau suivant intègre des notions plus complexes.
Les coûts ponctuels sont donc les frais supportés à lentrée ou à la sortie. Les coûts annuels récurrents les frais qui « sont régulièrement déduits de la valeur atteinte par le placement », par exemple des « frais de gestion » ou autres « frais courants ». Enfin les coûts accessoires représentent des commissions reversées aux intermédiaires ou au gestionnaire, en fonction des performances du produit.
Comment lire les taux affichés ? LAMF prend lexemple des « frais récurrents ». Dans le cas détaillé ci-dessus, les frais de gestion annuels sont de 1,13% et les frais des actifs sous-jacents sont de 0,13%. Au total, lensemble des frais prélevés chaque année « représentent 1,26% du rendement par an ». Dans les faits, les DIC actuellement édités par les sociétés de gestion affichent le plus souvent des fourchettes de coûts : dans le cas du DIC dun contrat dassurance vie, cela met en valeur lécart des frais entre le fonds du contrat le plus fortement « chargé » en frais, et le plus « bon marché ».
Les informations figurant dans le DIC
- objectif (du document) ;
- produit (identification du produit et du gestionnaire) ;
- en quoi consiste ce produit ;
- quels sont les risques et quest-ce que cela pourrait me rapporter ;
- que se passe-t-il si [létablissement] nest pas en mesure deffectuer les versements ;
- que va me coûter cet investissement ;
- combien de temps dois-je le conserver et puis-je retirer de largent de façon anticipée ;
- comment puis-je formuler une réclamation ;
- autres informations pertinentes.

















