Depuis août 2014, les prélèvements ont changé dère, en France et plus généralement dans la zone euro. Cest à cette date en effet que ces opérations de paiement ont quitté le cadre national pour rejoindre celui de lespace unique des paiements en euros, plus connu sous lacronyme SEPA.
Contrairement à l'introduction des codes IBAN et BIC, puis du virement SEPA, la transition vers un prélèvement européen s'est faite de manière transparente pour le grand public, hormis quelques bugs ponctuels. Le changement, pourtant, na pas été aussi anodin quil y paraît. Avant le SEPA, en effet, le mandat par lequel le payeur autorisait le débit de son compte était co-détenu par le créancier et la banque, qui avait donc le devoir den vérifier la validité. Dans le cadre SEPA, la banque sort de léquation : le mandat signé par le client est géré par le créancier, et la banque se contente dexécuter lordre de paiement, sans vérification.
Cette évolution a une vertu : elle simplifie la mise en place dun prélèvement. Fini le temps où le payeur devait signer un mandat en double exemplaire et le renvoyer à la fois à son créancier et à sa banque : il lui suffit désormais de signer - éventuellement de manière électronique - un unique mandat au créancier pour autoriser le paiement. Voire ne rien signer du tout !
Un mandat finalement optionnel
En effet, comme nous avons pu le constater à loccasion de notre test grandeur nature des banques en ligne, un prélèvement peut tout à fait être exécuté sans que le payeur ait donné son assentiment. Dans le cadre de ce test, nous avons fait appel à un « complice », une société amie habilitée à émettre des ordres de prélèvement. Nous lui avons transmis les identifiants de six comptes bancaires détenus par les membres de la rédaction de cBanque, dans six enseignes de banques en ligne. A charge pour cette société, avec notre accord, de prélever ces différents comptes. Résultat : les six prélèvements ont été exécutés sans problème.
Cette expérience amène à un constat : dans le cadre du SEPA, la signature dun mandat est obligatoire dun point de vue réglementaire, mais optionnelle dans les faits. Un émetteur de prélèvement, parce quil est malhonnête ou parce que son système a été piraté, peut facilement prélever nimporte quel compte bancaire dont il aurait réussi à obtenir lidentifiant bancaire IBAN, sans que la banque du payeur, simple exécutrice, nait rien à y redire.
Des garde-fous existent
Cette faille, le législateur européen à lorigine du SEPA la évidemment anticipée. Cest pourquoi il a prévu la mise en place de certains garde-fous. Le premier dentre eux est la possibilité pour le payeur de demander, a posteriori, le remboursement de tout prélèvement, sans avoir à se justifier, et y compris dans le cas d'un mandat légitime. Seul le délai maximum de remboursement change : 8 semaines si ce mandat existe, 13 mois si le prélèvement a été effectué sans accord préalable.
Autres possibilités prévues par le règlement SEPA, celles de mettre en place des listes blanches de créanciers autorisés, à lexclusion de tous les autres, ou des listes noires de créanciers interdits de prélever ; de limiter le montant et la fréquence des prélèvements autorisés pour un même mandat ; ou encore dinterdire purement et simplement tout prélèvement SEPA. Des outils certainement efficaces mais également très délicats à manier pour lusager. Dautant que si les enseignes ont mis en uvre ces garde-fous - elles y sont contraintes par la réglementation -, toutes ne lont pas fait de manière simple, pédagogique et automatisée.
Lire aussi : Prélèvement SEPA : les nouveaux garde-fous que doivent proposer les banques
Systématiser les notifications de premier prélèvement
Reste une question : que se passe-t-il lorsquun usager ne saperçoit pas qu'un prélèvement a été débité, notamment quand il est de faible montant, et nen demande pas le remboursement ? Evidemment, la meilleure manière déviter ce genre de mésaventure est de pointer régulièrement ses relevés de compte.
Mais les banques disposent dun autre levier : les notifications envoyées, par mail ou SMS, à la réception du premier ordre de paiement dun nouveau mandat de prélèvement. Expédié en amont du paiement, ce message peut alerter le client sur limminence dun prélèvement frauduleux, et lui permettre de faire opposition. Malheureusement, il est loin dêtre généralisé, y compris dans les banques en ligne : elles ne sont ainsi que deux sur six à l'avoir mis en place, comme l'a montré le résultat de notre banc d'essai.
Découvrez les résultats de notre test des prélèvements dans les banques en ligne














