Lamendement présenté par le sénateur de lEure-et-Loire Albéric de Montgolfier, au nom de la commission des finances, ne remet pas en cause la suppression de la première tranche du barème de limpôt sur le revenu, à 5,5%. Il vise en revanche à « réduire la concentration de limpôt sur le revenu » et à « redonner du pouvoir dachat aux familles concernées par les deux baisses successives du plafond du quotient familial en 2013 et en 2014 ».
Son texte joue sur les seuils de deux dispositifs : la nouvelle décote, qui a selon le gouvernement pour but dassurer « une entrée progressive dans limpôt », et le quotient familial. En intervenant conjointement sur ces deux dispositifs, il estime que sa double mesure naurait aucun impact sur le budget de lEtat.
Un gain de 407 euros pour 1,38 million de familles
Côté quotient familial, il entend relever le plafond de 1.508 euros, comme prévu actuellement pour 2015, à 1.750 euros par demi-part. Il sagit ainsi de revenir partiellement en arrière puisque ce plafond est passé de 2.000 à 1.500 euros au 1er janvier 2014. Ce relèvement du plafond du quotient familial bénéficierait selon lui « à environ 1,38 million de ménages avec enfants, pour un gain moyen de 407 euros ».
Pour financer cette mesure pro-familles, Albéric de Montgolfier compte donc limiter le coup de pouce fiscal à destination des plus modestes. Son amendement prévoit de baisser « denviron 8% » les seuils de la nouvelle décote. Pour les personnes seules, la décote ne sappliquerait plus en dessous dun impôt brut de 1.135 euros comme prévu mais en dessous de 1.045 euros. Pour les couples, le seuil serait abaissé de 1.870 à 1.720 euros. « Près de 6,7 millions de foyers fiscaux demeureraient bénéficiaires des nouvelles décotes pour un gain moyen de 247 euros », affirme le sénateur dans son exposé. Contre 9 millions de bénéficiaires prévus dans le projet de loi de finances pour 2015 (PLF 2015).
Les communistes veulent un impôt plus progressif
Voté en commission des finances, cet amendement a des chances dêtre voté en séance par le Sénat mais risque de ne pas passer le cap de lAssemblée nationale.
Par ailleurs, seuls les élus communistes présentent des amendements concernant larticle 2 du PLF 2015. Lun d'entre eux propose de totalement revoir le barème de limpôt sur le revenu avec neuf tranches contre quatre prévues dans le projet de budget 2015. Objectif : « une plus grande progressivité de limpôt, gage d'une plus grande justice fiscale ». Un amendement similaire avait été présenté, puis rejeté, à lAssemblée nationale.
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Mise à jour (21 novembre, 16h30) - L'amendement d'Albéric de Montgolfier, présenté au nom de la commission des finances, a été adopté ce vendredi par le Sénat, mais avec avis défavorable du gouvernement. Les amendements présentés par les sénateurs communistes ont été rejetés.

















