Au sein de ces 19 amendements déposés, cinq optent pour la voie la plus radicale : la suppression pure et simple de larticle. Logiquement, les représentants de lUMP figurent parmi ces opposants les plus farouches à la suppression de la première tranche de limpôt : « Alors quil conviendrait de réformer limpôt sur le revenu dans le sens dun impôt basé sur une assiette large et un taux faible, cet article va dans le sens inverse en renforçant lhyper concentration de limpôt, et en faisant porter leffort fiscal sur les classes moyennes », indique lamendement n°I-164, notamment déposé par Hervé Mariton.
Pour le reste, la majeure partie des amendements présentés sattellent à remodeler les tranches et les taux dimposition dans des sens aussi divers que variés.
Les amendements I-1 et I-393 se « limitent » à revenir sur labaissement du seuil dentrée dans la tranche dimposition à 14% à 9.690 euros de revenus, qui « va se traduire par des hausses dimpositions pour les ménages de la classe moyenne dont le revenu imposable était auparavant dans le partie haute de la tranche à 5,5 % ». Ces textes se bornent ainsi à proposer la substitution de ce montant pour 11.991 euros ou 12.141 euros (seuil actuellement en vigueur avec ou sans « actualisation »). Sans dailleurs toucher au nouveau mécanisme de décote.
Deux autres amendements proposent quant à eux délargir, par principe, lassiette des contribuables assujettis à limpôt sur le revenu, soit par le maintien de la première tranche dimposition actuelle, mais avec un taux rabaissé de 5,5% à 1%, soit par la suppression pure et simple du premier seuil dimposition (9.690 euros dans le projet de loi de finances 2015) ! « Il nest plus acceptable de faire supporter la charge de limpôt par seulement 45 % des Français et dy soustraire 55 % quon ne peut associer à un état dindigence tel, quils ne puissent participer à leffort national de redressement du pays, » indique lamendement I-604 présenté par Lionnel Luca (UMP). Là encore, aucune mention nest faite de la décote, qui pour le coup, risque de sensiblement contrecarrer cette volonté daugmentation du nombre de Français effectivement imposables.
Dans cette vague de propositions revisitant les barèmes de limpôt, on trouve des modifications à la hausse - venant de la gauche du gouvernement - comme linstauration dune nouvelle tranche à 50 % (amendement n° I-700) ou 49% (I-580) mais surtout à la baisse, comme lamendement I-384 présenté par lUMP Jérôme Chartier, qui suggère une réduction de 10% du taux dimposition de toutes les tranches afin de « redonner du pouvoir dachat aux contribuables », financée par laugmentation dun point du taux normal de la TVA. Ou encore le rabaissement spécifique du taux de 41% à 36,9% (amendement n° I-380) « afin de redonner du pouvoir dachat [...] aux cadres moyens qui sont de forts potentiels de consommation ».
En parallèle, trois amendements militent de concert pour le rétablissement du plafond du quotient familial à son niveau antérieur à la loi de finances pour 2013, cest-à-dire 2.336 euros pour chaque demi-part (au lieu de 1.508 euros dans le PLF 2015).
Risques d'inconstitutionnalité
Enfin, lamendement I-579 présenté par lUDI Charles de Courson sattaque au coup de canif à la progressivité de limpôt sur le revenu porté par la suppression de la première tranche de limpôt sur le revenu, telle que proposée par le gouvernement. « Ce dispositif présente de graves risques dinconstitutionnalité [ ] Le Conseil Constitutionnel examinant la progressivité de limpôt au regard du taux marginal et non du taux moyen, » indique lamendement, qui aboutit à une proposition de refonte assez globale : supprimer la Prime pour lEmploi, renoncer à la réforme de la décote et créer en substitution un « impôt négatif » qui « majorerait de 12 % les revenus compris entre 0 et 3.000 euros, soit une prime moyenne de 360 euros, et de 9 % les revenus compris entre 3.000 et 6.000 euros, ce qui leur permettrait de recevoir une prime de 273 euros par foyer ». Une réforme qui selon lamendement, permettrait déconomiser au final 1 milliard deuros.
Lire à ce sujet : Fiscalité 2015 : comment la decote brise la progressivité de l'impôt
Modification du 16/10/2014 : A lissue de la séance de ce matin, larticle de la loi de finances sur le barème de limpôt et la décote a été voté. 7 des 19 amendements présentés nont pas été soutenus (aucun de leurs auteurs nétait présent dans lhémicycle lors de lappel de lamendement) et 11 autres ont été rejetés. Le seul amendement retenu est celui déposé par Mme Rabault, la rapporteure générale de la commission des finances, de léconomie générale et du contrôle budgétaire présenté comme étant un « amendement rédactionnel ».
















