Le rendement des obligations françaises à dix ans de référence a atteint dans la matinée 4,10%, un sommet depuis novembre 2008, en plein cur de la crise financière, quand il avait atteint 4,20%.
Ces taux reposent la question du financement de la dette de la France (117% du PIB en juillet) au moment où le ministre de l'Economie Roland Lescure a reconnu que la préparation du budget 2027 était « difficile », sur fond de pré-campagne électorale.
Une hausse généralisée des taux d'intérêt
La dette française fait les frais de la hausse généralisée des taux d'intérêt dans les grandes économies mondiales ces derniers jours, en raison de prix du pétrole durablement élevés pour cause de guerre au Moyen-Orient.
La perspective d'une paix au Moyen-Orient entre les Etats-Unis et l'Iran, et du déblocage du détroit d'Ormuz, passage stratégique d'une partie du commerce mondial d'hydrocarbures, s'éloigne de plus en plus. Donald Trump a en effet déclaré lundi qu'il ne prolongerait pas la trêve de 60 jours entre Washington et Téhéran, prévue dans un protocole d'accord de juin, trêve que l'Iran a qualifiée de « hors de propos ».
Prime de risque
Dans ce contexte, « les marchés ne parviennent pas à se débarrasser de leurs inquiétudes inflationnistes », explique Jochen Stanzl, analyste chez Consorsbank. En cas d'inflation élevée, les créanciers demandent une prime de risque sous forme de taux d'intérêt plus élevés pour compenser la baisse de la valeur réelle de leurs prêts.
Le taux d'intérêt de l'Allemagne à dix ans, référence en zone euro, atteignait lui 3,26%, au plus haut depuis 2011.
Les obligations à trente ans sont également touchées par cette nette remontée des taux, ce qui traduit par ailleurs la confiance de moins en moins forte des investisseurs envers la soutenabilité budgétaire des États à long terme. Le rendement de l'emprunt français à trois décennies atteignait 4,90%, là aussi au plus haut depuis 2008.















