Vers 9H50 (heure de Paris), le CAC 40 était stable (+0,04%), à 8.105,31 points, en hausse de 1,47 point. La veille, l'indice vedette parisien avait perdu 3,46%, sa pire baisse quotidienne depuis le 7 avril 2025, quand il avait cédé 4,78% après l'annonce de droits de douane massifs aux Etats-Unis par Donald Trump. Sur deux séances, lundi et mardi, le CAC 40 a perdu plus de 5,50%.

Les investisseurs européens s'inquiètent de la forte hausse du prix des hydrocarbures des derniers jours, provoquée par les perturbations de l'approvisionnement via le détroit d'Ormuz, où transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial. Ils craignent un regain d'inflation, et le spectre de la vague inflationniste provoquée par la guerre en Ukraine en 2022 plane.

Toutefois, les déclarations mardi du président Trump sur sa volonté de rétablir le flux pétrolier dans le détroit d'Ormuz permettent de quelque peu « stimuler l'appétit pour les actifs risqués (comme les actions NDLR) », selon Kathleen Brooks, analyste pour XTB.

Le président américain a en effet assuré que la marine des Etats-Unis pourrait escorter des pétroliers « si nécessaire » à travers le détroit d'Ormuz, une annonce qui a déjà limité les pertes de Wall Street mardi.

Paris souffle aussi en raison de la quasi-stabilité des prix du gaz (+0,83% à 54,74 dollars), après sa flambée des deux derniers jours. Depuis le début de l'année, l'hydrocarbure, que le continent importe massivement, grimpe tout de même de plus de 94%.

Toutefois, « les investisseurs seront confrontés aujourd'hui à une multitude d'informations, ce qui devrait maintenir un climat de nervosité sur les marchés », tempère Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets. D'autant que les Gardiens de la Révolution iraniens ont eux assuré mercredi avoir le « contrôle total » du point de passage.

Du côté du marché de la dette, le taux d'intérêt français à dix ans grimpait légèrement, à 3,40%, contre 3,37% la veille en clôture. Il a nettement monté depuis le début de la semaine, en raison des craintes inflationnistes. Vendredi, avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%.

Une inflation plus élevée réduit en effet la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.

Ventes et bénéfices en hausse pour Dassault Aviation

Dassault Aviation a vu son bénéfice net et ses ventes progresser en 2025 grâce au succès du Rafale à l'export et malgré un contexte « incertain », au moment où des dissensions font craindre l'abandon d'un projet emblématique d'avion de combat.

Son titre prenait 1,63% à 336,40 euros.

Scor salué

Le réassureur Scor a publié mercredi un bénéfice net de 851 millions d'euros en 2025, contre 4 millions en 2024, tiré par le rendement des investissements. Sur l'année, les revenus de l'assurance diminuent de 4,6% à 15,4 milliards d'euros touchés notamment par des effets de change défavorables tant dans la branche dommage et responsabilité que pour les activités vie et santé.

Les investisseurs ont salué ces résultats : le titre prenait 3,79% à 30,10 euros.