Banque, paiements, téléphonie : 3 questions que pose le Brexit

Drapeaux Europe et Royaume-Uni
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Le Brexit, c’est (finalement) pour vendredi. Zoom sur 3 conséquences de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne pour vos finances.

Vendredi prochain 31 janvier, à 23h, le Royaume-Uni va quitter l’Union européenne, 47 ans après l’avoir intégrée (le 1er janvier 1973) et près de 4 ans après qu'une majorité de citoyens britanniques ont choisi de claquer la porte (le 23 juin 2016).

Au-delà de son impact symbolique, ce « Brexit » va avoir des conséquences concrètes pour nombre d’entre nous, qui utilisons des services d’origine britannique ou voyageons outre-Manche. Zoom sur 3 d’entre elles.

Pourrai-je continuer à utiliser en France mon compte ouvert dans une néobanque britannique ?

770 000 : c’est le nombre estimé des clients français des deux néobanques britanniques Revolut et Monese (550 000 en février 2019, dernier chiffre officiel pour la première ; 220 000 actuellement pour la seconde). Si vous en faites partie, vous vous posez certainement la question : vais-je pouvoir continuer mon compte en France après le Brexit ?

La réponse est clairement oui. Le modèle économique des deux banques mobiles repose en effet sur une rapide extension de leurs activités à l’international. Revolut et Monese sont ainsi déjà présentes plus de 30 pays. Pour cela, elles se sont appuyées sur le « passeport européen », c’est-à-dire sur une règle communautaire qui permet à un établissement financier agréé dans un pays de l’UE de proposer ses services dans l’ensemble des autres pays de l’Union sans avoir besoin d’obtenir un agrément dans chacun d’entre eux. Un « passeport » que les banques britanniques vont sans doute perdre à cause du Brexit.

Pour éviter que cela impacte leur activité, Revolut et Monese ont pris les devants. Revolut a ainsi obtenu, pour une entité baptisée « Revolut Payments UAB », un agrément d’établissement de monnaie électronique en Lituanie. Une entité vers laquelle elle pourra transférer les comptes de ses clients européens, dans le cas où le futur accord commercial négocié entre le Royaume-Uni et l’UE ne couvre pas les services bancaires.

Même stratégie pour Monese : la néobanque a déjà commencé à transférer ses clients vers la nouvelle entité, agréée en Belgique, de l’établissement de monnaie électronique avec lequel elle travaille, Prepay Technologies. Ces derniers, du même coup, disposent déjà d’un nouvel identifiant de compte (Iban) en BE (Belgique), à la place de l’ancien en GB (Grande-Bretagne).

Payer en Grande-Bretagne coûtera-t-il plus cher ?

La sortie du Royaume-Uni est facilitée par le fait qu’elle n’a jamais adopté l’euro comme monnaie. Le Brexit ne changera donc pas grand chose de ce point de vue : quand vous voyagez outre-manche, il vous faut déjà payer des frais supplémentaires sur vos paiements et retraits, à moins de disposer d’un compte qui vous en exonère, comme il en existe par exemple chez Boursorama, Fortuneo ou Hello Bank. Il n’y a a priori pas de raison que ces frais augmentent après le Brexit.

Resté hors zone euro, le Royaume-Uni fait en revanche partie de l’Espace unique de paiement en euros (SEPA), ce qui permet d’effectuer des virements vers un compte britannique aussi facilement que vers un compte français. Là encore, il est peu probable que le Royaume-Uni sorte de ce système, qui facilite grandement les échanges. Il est d’ailleurs possible d’être hors de l’UE, mais dans le SEPA : c’est par exemple le cas de la Norvège, de la Suisse ou de l’Islande.

La 4G coûtera-t-elle plus chère quand je voyagerai en Grande-Bretagne ?

C’est une autre question légitime que se posent celles et ceux qui souhaitent voyager en Grande-Bretagne : pourra-t-on continuer à y utiliser nos téléphones mobiles sans surcoût ?

Il n’y a malheureusement pas encore de réponse définitive à cette question. En sortant de l’Union, le Royaume-Uni va, en théorie, s’affranchir du règlement qui encadre strictement, depuis juin 2017, les frais dits d’itinérance. Depuis cette date en effet, les opérateurs n’ont plus le droit de surfacturer les données mobiles et les appels passés depuis un autre pays de l’UE. Tout juste peuvent-ils limiter la quantité de data utilisable…

Cet arrangement, qui permet donc à un Français d’utiliser son mobile outre-Manche sans craindre de mauvaises surprises sur sa facture, ne sera pas remis en cause à court terme. Contactés par BFM Tech, 3 des 4 opérateurs mobiles français (Orange, Bouygues, SFR) ont confirmé qu’aucuns frais d’itinérance ne seraient remis en place immédiatement après le Brexit. A plus long terme, leur volonté est également de conserver le mode de facturation actuel. Cela devra toutefois passer par la signature d’accords, soit entre le Royaume-Uni et l’UE, soit entre opérateurs.

Une phase de transition jusqu'à la fin de l'année

Si la date officielle du départ du Royaume-Uni est fixée au vendredi 31 janvier, à 23h, dans les faits, rien ne changera dans sa relation avec les pays de l'Union européenne avant la fin de l'année 2020. Dès samedi débutera une phase de transition, au cours de laquelle les deux entités devront négocier les termes de leur future relation. En attendant, la libre circulation des biens et des personnes reste de mise : pas besoin, donc, de présenter un passeport pour traverser la Manche. Cette phase de transition peut, à la demande du Royaume-Uni, être prolongée d'un an ou deux. Mais le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a déjà annoncé qu'il ne souhaitait pas utiliser ce recours.

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© MoneyVox / VM / Janvier 2020

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