Les fintechs, acteurs financiers innovants, et notamment les néobanques, restent largement inconnues du grand public, à quelques exceptions près comme PayPal ou Compte Nickel.

2017, année charnière pour la banque de détail ? Elle a en tout cas été marquée par l’arrivée sur le marché français de nouveaux acteurs, pour la plupart extra-bancaires : Orange Bank, C-zam, N26, Revolut, Morning… Des entrants qui ont en commun de proposer une forme renouvelée de relation bancaire, centrée sur le mobile, en temps réel et à bas coût. Cette évolution est-elle de nature à chambouler le marché de la banque au quotidien ? Difficile à dire à long terme. A court terme, en revanche, ces nouveaux acteurs souffrent d’un lourd handicap : une notoriété quasi-inexistante, qui touche même les plus anciens d’entre eux.

Dans son étude récente sur les comportements bancaires en France (1), le cabinet de conseil Bain & Company a ainsi cité à son panel les noms de 17 sociétés du secteur financier considérées comme innovantes, anciennes et nouvelles. Bilan : seul PayPal, le pionnier états-unien du paiement en ligne, s’en sort avec les honneurs. 81% des sondés connaissent la marque, et un quart environ l’a déjà utilisé. Son équivalent français, Paylib, lancé en septembre 2013, a encore du chemin à faire : certes, 27% des clients bancaires connaissent la marque, mais moins de 0,5% l’ont déjà utilisé. C’est moins par exemple que le service de cagnotte en ligne Leetchi, qu’entre 1% et 1,5% des sondés ont testé.

Seul le Compte Nickel a percé

Du côté des néobanques, seul Compte Nickel a fait une petite percée dans le grand public : 20% des sondés connaissent le produit, et entre 0,5% et 1% l’ont déjà utilisé. Les autres néobanques (2) restent quasi-inconnues et encore plus rarement utilisées : 3% connaissent N26 et 2% Morning, et moins de 0,5% y ont ouvert un compte. Même constat pour les outils digitaux : moins de 5% des sondés connaissent Fiduceo, Bankin’, Linxo ou Yomoni, et moins de 0,5% les utilisent.

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Un manque de reconnaissance qui tient notamment aux stratégies marketing au long cours adoptées par ces acteurs : des partenariats mais pas d’onéreuses campagnes pub, pas d’achat de clientèle grâce à des primes, mais une présence sur les réseaux sociaux et sur les sites spécialisés afin d’enclencher le bouche-à-oreille.

(1) « Etude sur les comportements bancaire en France », présentée le 12 février 2018, basée sur trois sondages complémentaires réalisés en novembre et décembre 2017 : loyauté client (11 000 clients représentatifs de la population bancarisée), comportement bancaires (2 000 clients), mécanismes de l’attrition (2 000 clients). (2) Ni Orange Bank, ni Revolut ne font partie des noms testés.