Votée en octobre 2015, la révision de la directive européenne sur les services de paiement (DSP2) se donne notamment pour objectif de renforcer la sécurité des transactions en Europe. Sa mise en uvre concrète a été confiée à lAutorité bancaire européenne (ABE) qui, en août dernier, a publié et soumis à consultation publique un projet de norme technique.
Entre autres mesures, lABE propose, pour les paiements effectués en ligne, dimposer le recours à lauthentification forte dès lors que le montant de lachat dépasse 10 euros. Un projet qui fait bondir les e-commerçants. « On imagine ( ) les conséquences désastreuses que cette obligation aurait sur le taux de conversion et donc sur la performance des sites » écrit la Fevad. « Le projet [de lABE] menace ainsi le fragile, mais nécessaire équilibre entre sécurité et fluidité du parcours client qui est au cur du développement du secteur de léconomie digitale, dont le e-commerce ».
Contre la généralisation de 3D Secure
Lauthentification forte, dont le dispositif le plus connu est 3D Secure, permet de sécuriser les paiements en ligne en demandant à lacheteur de renseigner, en plus de ses coordonnées de carte, un deuxième facteur dauthentification, généralement un code à usage unique reçu par SMS. La manuvre complique toutefois lacte de paiement, entraîne un taux déchec important et nest pas exempte de failles de sécurité, ce qui explique les réserves des e-commerçants face à cette généralisation imposée.
« L'authentification forte doit rester un outil de lutte contre la fraude, mis à la disposition des e-commerçants européens », poursuit la Fevad. « Son déploiement doit reposer sur une politique de responsabilisation des sites marchands, basée sur des objectifs d'efficacité dans la maîtrise de la fraude et sur la recherche des moyens les mieux adaptés pour atteindre ces objectifs. »
Privilégier lapproche « par les risques »
La fédération en appelle ainsi aux autorités françaises, sans plus de précisions, pour « intervenir dans les arbitrages relatifs à la rédaction finale de ce texte notamment auprès de la Commission européenne et de lABE ( ) » et promouvoir une « approche mixte (dite par les risques) », qui consiste à nutiliser lauthentification renforcée que pour les paiements jugés risqués.
La Fevad demande également une « véritable concertation entre lABE, la Commission européenne, les e-commerçants, les banques et les fournisseurs de moyens de paiement afin de définir les conditions permettant de servir les intérêts de la lutte contre la cybercriminalité, sans remettre en cause le formidable potentiel de développement de l'activité. »
















