Le porte-parole du groupe PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux, a dénoncé mardi la réforme fiscale du gouvernement, qui prévoit selon lui "deux milliards" d'euros "de cadeau" aux redevables de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et une "vraie fausse suppression du bouclier fiscal".

Bruno Le Roux a dénoncé « deux milliards » d'euros d'allégement d'ISF « au bénéfice de quelques Français et au détriment de l'intérêt général » quelques heures avant le vote solennel du projet de loi de finances rectificative. Dans un communiqué intitulé « les deux milliards de cadeau ISF, c'est... », le groupe PS a cité : « 20 ans de salaire pour les 3.600 employés de l'usine Citroën d'Aulnay-sous-Bois », « l'augmentation de 20% du minimum vieillesse », « 1.000 écoles maternelles ».

Leurres

Interrogé sur un retour au statu quo - seuil d'entrée à 790.000 euros et non 1,3 million - en cas de victoire de la gauche en 2012, le porte-parole du PS a renvoyé comme François Hollande, dont il est proche, à « une réforme fiscale globale ». Il a aussi dénoncé des « leurres » pendant l'examen du collectif budgétaire, en citant deux amendements UMP sur l'imposition des oeuvres d'art et la création d'une nouvelle tranche sur les hauts revenus, finalement retirés avant la mise aux voix.

« L'abrogation du bouclier fiscal est en fin de compte un nouveau leurre. Ceux qui ont bénéficié du bouclier fiscal l'auront sur tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy. S'il était réélu, il le remettrait en place au début d'un nouveau mandat », a-t-il assuré. Le PS a voté avec l'UMP l'article supprimant le bouclier fiscal, mais en demandant que la mesure soit d'effet immédiat. Or le président PS de la commission des Finances, Jérôme Cahuzac, estime que la survivance du bouclier coûtera encore 500 millions d'euros en 2012 et 200 en 2013.

« Chèque cadeau ISF »

Juste avant le vote solennel du projet de loi de finances rectificative, des dizaines de députés PS ont brandi une affichette en forme de chèque, indiquant « Chèque cadeau ISF: deux milliards d'euros » et signé « Nicolas Sarkozy ». Des huissiers sont intervenus pour les leur retirer, le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer (UMP), rappelant que ce genre de document est interdit dans l'hémicycle. Quatre des cinq questions du PS portaient sur la fiscalité.

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Dans la salle des Quatre Colonnes, à l'extérieur de l'hémicycle, des porte-parole du groupe PS distribuaient aux journalistes des « chèques cadeaux ISF » d'une valeur de 2 milliards d'euros, avec comme « signature » : « Nicolas Sarkozy », et plaisantaient sur la possibilité de se rendre à la banque pour les encaisser.