Dette publique, retraites, affaire Bettencourt/Woerth : le premier ministre François Fillon a évoqué tous les grands sujets d’actualité à l’occasion d’une conférence de presse organisée aujourd’hui à Matignon. Synthèse des annonces et réflexions du jour.

Déficits publics : Un effort supplémentaire à attendre pour les niches fiscales

François Fillon refuse toujours de faire référence à une politique de rigueur en France. « Pour l'instant, ce que nous essayons de faire, c'est d'éviter cette politique-là » a-t-il expliqué. « Il y a des pays qui baissent les rémunérations des fonctionnaires, il y a des pays qui licencient des fonctionnaires, il y a des pays qui réduisent de façon drastique, il y a des pays qui augmentent de plusieurs points la TVA. Si on était amené un jour à mener une politique comme celle-là, oui je dirais que c'est une politique de rigueur ».

Le premier ministre a toutefois accepté de reconnaître que le rabotage des niches fiscales constituait bien une hausse des impôts, mais pas une hausse générale « qui pèsent sur les ménages ou les entreprises ». Initialement évalué à 5 milliards d’euros, cet effort sur les niches fiscales « pourra être porté jusqu’à 8,5 milliards d’euros pour la période 2011-2013 (...) si la croissance devait se révéler un peu moins dynamique que prévu. » Une hypothèse que François Fillon ne veut pas retenir pour 2010 : « Je suis convaincu que cette année notre croissance atteindra bien la prévision gouvernementale, soit 1,4%. » Il a par contre reconnu que la prévision de croissance pour 2011 - 2,5% - était « ambitieuse », tout en estimant qu’il était encore « trop tôt pour envisager de (la) modifier.» Pour mémoire, la commission européenne et d’autres organisations internationales ont récemment jugé cette prévision trop optimiste. Le gouvernement pourrait la réviser à la baisse dès cet été.

Réforme des retraites : ferme sur les 62 ans

Au lendemain de la journée de mobilisation contre la réforme des retraites, qui a rassemblé entre un et deux millions de Français dans la rue, le premier ministre s’est voulu ferme, notamment sur la question de l’âge légal de départ. « Aucune mobilisation ne réglera le problème démographique que pose la question des retraites », a-t-il expliqué. « L'intérêt général nous commande de ne pas transiger sur les principaux paramètres de la réforme ».

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Il a également annoncé que des « mesures de recettes » destinées à combler les déficits à court-terme seraient annoncées dans les prochains jours : « Nous allons prendre des décisions qui vont être annoncées simultanément avec les décisions budgétaires pour apurer le déficit passé des comptes sociaux et en particulier celui des retraites. » Parmi les pistes déjà connues, celle d’une mise à contribution du Fonds de réserve des retraites (FRR).

Affaire Bettencourt : « totale confiance » en Eric Woerth

Interrogé sur le soupçon de conflit d’intérêts pesant sur l’ex ministre du budget et actuel ministre du Travail Eric Woerth, François Fillon a clamé sa « totale confiance » et s’est voulu très affirmatif : « Eric Woerth n'a commis aucune espèce de faute (...) dans l'exercice des ses fonctions de ministre du Budget. Toutes les assertions (portées contre lui) sont parfaitement inexactes. Je pense qu'elles seront suivies d'un certain nombre de conséquences en termes judiciaires. »