La Commission européenne devait se prononcer sur la suppression des pièces rouges au cours du deuxième trimestre 2022 mais rien n'est venu. Selon nos informations, des propositions vont être faites au mois de décembre sur le sujet. En 2022, la France a frappé 300 millions de pièces de 1 er 2 centimes d'euros.

Décembre 2021, un sondage YouGov pour MoneyVox révélait qu'une courte majorité des Français (51%) se disait favorable à la suppression des pièces rouges, ces centimes d'euros qui encombrent les porte-monnaies. Dans le détail, ce sont surtout celles de 1 et 2 centimes qui sont prises pour cible, contrairement à celles de 5 centimes qui permettent toujours de faire l'arrondi. Ce grand débat n'arrivait pas comme un cheveu sur la soupe : en mai 2022, 72% des citoyens européens qui avaient répondu à une consultation (17 000 votants sur plus de 320 millions d'habitants) sur le sujet, avaient estimé que les pièces de 1 et 2 centimes d'euro n'étaient pas utiles.

La Commission européenne avait promis de s'emparer du sujet au plus tard à la fin du deuxième trimestre 2022 et depuis... plus rien. « La Commission européenne fera des propositions comme elle s'y est engagée », nous a répondu son service de presse. « Le sujet de la suppression des pièces de 1 et 2 centimes est toujours ouvert. Il s'agirait de mettre en place des règles d'arrondis communes à l'ensemble de la zone euro », explique La Monnaie de Paris à MoneyVox.

Bruxelles va trancher avant fin 2022, Paris patiente

A l'échelle française, on parle quand même de 13 milliards de pièces de 1 et 2 centimes qui ont été mis en circulation en France depuis le passage à l'euro en 2002 et la Monnaie de Paris en a encore fabriqué près de 300 millions en 2022. Pourtant, cinq pays européens ont déjà franchi le pas en mettant fin à ces petits centimes : les Pays-Bas, l'Italie, la Finlande, la Belgique et l'Irlande. « La France pourrait décider seule », garantit La Monnaie de Paris. Mais, selon nos informations, la Commission européenne va se prononcer avant la fin de l'année, probablement en décembre, et la France ne souhaite pas prendre de décision unilatérale. Une position qui satisfait, au passage, Bruxelles, peu attendrie par les échappées solitaires.

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Le sujet n'est pas neuf dans l'Hexagone. Dès 2018, des experts recommandaient de « mettre fin à la circulation des pièces de 1 et 2 centimes » en raison de leur coût de production supérieur à leur valeur faciale. Mais l'UFC-Que Choisir s'interrogeait en retour sur les dangers d'une telle décision sur les finances du consommateur. « Il est à craindre, au vu des expériences passées (passage à l'euro ; baisse de TVA dans la restauration) ou étrangères que les commerçants arrondissent les prix à l'unité supérieure... Sous couvert de faire économiser le contribuable, on fait trinquer les consommateurs... », écrivait-elle alors.

L'inflation actuelle de la zone euro autour de 10% n'est pas sans lien avec le retard pris par la Commission européenne. En effet, de nombreux dirigeants craignent les mouvements d'humeur que pourrait susciter la disparation des pièces de 1 et 2 centimes si elle s'accompagne d'une nouvelle hausse des prix. En attendant, le dernier support de la monnaie européenne à avoir disparu est... un billet. Celui de 500 euros en 2019.