Cest Ouest-France qui a révélé mercredi soir linformation. La Cooperl, un abattoir breton qui emploie 4 700 personnes, vient dannoncer quil allait verser une prime de 200 euros à lensemble de ses salariés et intérimaires qui présentent « un justificatif officiel de vaccination terminée » contre le Covid-19. La direction de lentreprise justifie cette « prime exceptionnelle de pouvoir dachat » par « la participation active à la démarche nationale de prévention sanitaire incitant à la vaccination ». Celle-ci sera versée aux salariés en août, septembre ou en octobre en fonction de la date denvoi de leur justificatif.
Sauf que le ministère du Travail et lAssurance maladie ont rappelé fin juin quune entreprise « ne peut imposer à son salarié de linformer de son statut vaccinal » ni « collecter les données de santé » du personnel. Cest ce qui amène certains responsables syndicaux à juger cette prime « discriminatoire », voire « illégale ». Quen est-il ?
Une prime qui fait des heureux
« Une prime doit être versée selon un critère objectif. Or le vaccin nen est pas un », signale Eric Rocheblave, avocat spécialisé en droit du travail, interrogé par Capital. Cette prime va créer « une rupture dégalité entre les salariés », ce qui peut amener les salariés non-vaccinés à saisir les prudhommes pour obtenir réparation. « Un critère objectif serait par exemple le temps de travail. Mais le vaccin nest pas un critère qui justifie une différence de traitement entre les salariés. Avec cette prime, il y a donc un problème dinégalité de traitement », complète Delphine Robinet, avocate spécialisée en droit social.
Pour autant, « une partie des ouvriers verraient plutôt dun bon il ce complément de revenus, notamment les plus bas salaires, ce qui mettrait les délégués syndicaux dans une position inconfortable », complète Ouest-France.


















