Crise sanitaire qui impacte l'offre et la demande, approvisionnement en matières premières perturbé... Plusieurs marques de produits de grande consommation doivent faire face à une hausse de leurs coûts de production. Cette situation entraîne un dilemme : réduire la marge ou augmenter le prix en rayon ?

La hausse des prix de certains produits achetés en ligne était attendue en raison d'un changement des règles de taxation. Mais faut-il s'attendre à un bond spectaculaire dans les rayons ? Face aux pénuries de matières premières ou à la hausse des prix du carburant, les prix de produits de consommation courante pourraient augmenter comme c'est le cas aux Etats-Unis selon Les Echos. Le quotidien cite notamment « le fabriquant des glaces Ben & Jerry's ou du savon Dove » qui appartiennent l'un et l'autre au géant Unilever. En moyenne, leurs prix ont augmenté de 1,6% pour combler une huile de palme ou du soja toujours plus cher cette année. Dans la même logique, d'autres produits sont concernés : « les protections hygiéniques Tampax et les couches Pampers chez Procter & Gamble, le papier toilette Scott chez Kimberly-Clark, le ketchup de Kraft Heinz ou les produits Coca-Cola. »

En France, la hausse des prix qui avait été de 0,5% en 2020 devrait être de 1,5% en moyenne en 2021, avec un pic à 2,1% en octobre, selon les dernières projections de la Banque de France. Ces variations sont imputables à la crise sanitaire et à son incidence sur le commerce mondial. Le reste sera une question de stratégie car « compte tenu de leurs liquidités confortables, les industriels sont peut-être plus enclins à encaisser le choc de prix qu'ils ont subi, avance l'économiste Denis Ferrand, directeur général du cabinet Rexecode, interrogé par Les Echos. Pour certains, c'est même le moment idoine pour prendre des parts de marché par rapport à ceux qui n'ont d'autres choix que de répercuter » sur le prix de vente.

Le marché du café s'emballe

Au-delà de ces marques, les cours du café explosent aussi, poussés par la météo et des troubles géopolitiques. Résultat, le prix d'une livre d'arabica a flambé depuis janvier, prenant 60% pour dépasser temporairement vendredi les 2 dollars, une première depuis octobre 2014. Les prix du robusta, variété principalement cultivée en Asie du sud-est, ne sont pas en reste : ils se sont appréciés d'environ 7% depuis une semaine et de près de 40% depuis le début d'année.

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Dur néanmoins de prévoir l'impact sur les prix à la caisse. « Les torréfacteurs utilisent le marché pour se couvrir contre les hausses de prix à court terme, de sorte qu'il faut généralement trois à neuf mois pour en voir les effets au niveau des ventes au détail », souligne Carlos Mera, analyste chez Rabobank, à l'AFP. En France, le prix du café vendu en grande surface n'a que très peu bougé ces derniers mois et reste proche de son prix de référence de 2015, selon des données partagées par l'Insee.