La flambée de la dette publique du fait de la crise et des mesures de relance de l'économie ne se résoudra pas par de l'« austérité budgétaire » ni par des hausses d'impôts, a assuré mercredi le Premier ministre Jean Castex dans sa déclaration de politique générale.

Reconnaissant que le plan de relance de 100 milliards d'euros « aura aussi un coût pour nos finances publiques », il a estimé que « la réponse ne saurait être l'austérité budgétaire qui ne ferait qu'aggraver les choses ». « Dépenser en transformant, c'est de l'investissement pour l'avenir », a-t-il défendu.

« Il n'est pas envisageable, dans le contexte que nous traversons, de demander aux Français un effort fiscal supplémentaire », a-t-il assuré, affichant sa priorité à « la préservation de l'emploi et la lutte contre le chômage ». « C'est en favorisant le retour à une croissance riche en emplois et en travaillant davantage que nous pourrons restaurer les équilibres dans la durée », a-t-il ajouté.

Cantonnement de la dette

Selon le gouvernement, la dette publique devrait avoisiner les 121% du PIB cette année, contre 98,1% fin 2019. La dette due à la crise « fera l'objet d'un cantonnement », a rappelé le Premier ministre, c'est-à-dire d'un traitement à part avec un remboursement étalé sur le long terme via une ressource dédiée.

A lui seul, le déficit de la sécurité sociale devrait dépasser les 50 milliards d'euros cette année, notamment du fait des mesures de chômage partiel prises pour préserver l'emploi.

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« C'est évidemment considérable mais nous devons faire la part des choses : ce qui relève d'une dégradation conjoncturelle liée aux circonstances exceptionnelles de la crise n'a pas vocation à peser sur nos niveaux de couverture sociale et sera donc financé dans le cadre de la dette Covid », a assuré Jean Castex.

En revanche, « ce qui révèlerait une dégradation plus structurelle de nos comptes sociaux exigera des mesures de retour vers l'équilibre », a-t-il prévenu, renvoyant à la rencontre de vendredi avec les partenaires sociaux pour « définir une méthode et un calendrier ».