Ce qua promis Emmanuel Macron
« Jai demandé (au gouvernement) de verser sans délai une aide exceptionnelle aux familles les plus modestes avec des enfants afin de leur permettre de faire face à leurs besoins essentiels. Les étudiants les plus précaires vivants parfois loin de leurs familles, en particulier lorsque celles-ci viennent doutre-mer, seront aussi aidés. » Lundi soir, devant près de 37 millions de téléspectateurs, le président de la République na pas livré plus de détails sur cette aide exceptionnelle aux plus modestes, renvoyant comme pour lensemble des détails techniques au conseil des ministres prévu mercredi 15 avril, lors duquel seront présentés de nouvelles ordonnances et un projet de loi de finances rectificatif.
Les (minces) précisions du gouvernement
Comme après chaque allocution présidentielle, les ministres se sont succédés aux micros de différents médias lundi soir et mardi matin pour détailler certaines mesures. Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur RMC au sujet de cette aide exceptionnelle, le ministre de lEconomie et des Finances Bruno Le Maire a botté en touche : « Laissez-nous le temps de définir plus précisément cette aide », a-t-il répondu, alors quil sest montré bien plus précis sur dautres points, notamment sur laide aux travailleurs indépendants et TPE-PME. Si lélargissement du fonds de solidarité aux entreprises sera sans ambiguïté intégré aux textes présentés mercredi en conseil des ministres, cette aide exceptionnelle aux plus modestes pourrait elle être détaillée ultérieurement.
Ce que demandent les politiques et associations humanitaires
Ce soutien aux plus précaires est une demande émanant dassociations caritatives et qui a été reprise par une partie de la classe politique. Certaines voix ont même remis lidée dun revenu universel (sans conditions) au cur des débats.
En loccurrence, la promesse dEmmanuel Macron répond plus spécifiquement à la requête du Secours Catholique-Caritas France : cette association dutilité publique a lancé le 3 avril un appel au « versement dune prime de solidarité de 250 euros par personne et par mois pour les personnes les plus en difficulté » afin de faire face à la « baisse de revenus », à la « surconsommation de chauffage et délectricité » ainsi qu'à la « hausse des dépenses pour se nourrir face à la fermeture des cantines scolaires » pendant le confinement. La pétition a été signée, à ce stade, par près de 9 000 personnes, et lappel de Caritas France a notamment reçu le soutien de la CFDT, Emmaüs France, de la Fondation Abbé Pierre, ATD Quart Monde, lAnsa, Apprentis dAuteuil ou encore dOxfam France et des Petits frères des pauvres. Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a lui réclamé « une aide exceptionnelle de 300 euros par foyer, et une majoration de 100 euros par enfant », en amont du discours présidentiel.
Le gouvernement na toutefois pas encore confirmé le montant ni précisé qui serait éligible au versement de cette aide. Le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert, a réagi mardi matin sur Twitter en qualifiant la « prime de solidarité » annoncée par Emmanuel Macron de « bonne nouvelle pour les millions de personnes qui rencontrent des difficultés pour se nourrir, se soigner, payer charges, loyers », avant dinsister sur les modalités concrètes déligibilité : « La question du montant reste posée : il faut a minima 250 euros par personne (...) par mois. » Avant de préciser, dans un second tweet : « Il faut impérativement que cette aide profite aussi aux personnes seules et aux couples et pas seulement aux familles. »
Une aide versée par la Caf ?
Impossible, à ce stade, de savoir par quel biais cette aide sera versée. Cependant, la demande de Caritas France destine cette aide « à tous les allocataires de minima sociaux, aux jeunes précaires et aux familles bénéficiaires de lallocation de rentrée scolaire ». Cette aide pourrait donc passer par le réseau des Caf. Sans attendre l'annonce du président de la République, la Caf du Var a dailleurs annoncé dès le vendredi 10 avril une « aide financière exceptionnelle pour les familles en difficulté », en association avec le conseil départemental.


















