Les banques françaises sont en train d'attaquer massivement l'assurance dommages, un marché à 55 milliards d'euros, et les assureurs n'ont pas encore réagi efficacement à cette concurrence, constate une étude publiée vendredi.

« Les bancassureurs continuent leur prise de part de marché et leur montée en puissance, désormais ils ont des positions qui deviennent gênantes pour les autres opérateurs du marché », explique Cyrille Chartier-Kastler, fondateur et président de Facts & Figures, cabinet de conseil spécialisé en assurance, qui a rendu public son baromètre des assurances dommages.

19% de part de marché chez les particuliers

Selon cette étude, très surveillée par le secteur, à fin 2018 les bancassureurs détenaient 4% de part de marché en assurance dommages de professionnels et d'entreprises et 19% dans l'assurance dommages de particuliers.

Un mouvement qui n'est pas prêt de s'arrêter sachant que les groupes bancaires français, dont les revenus sont rognés par les taux bas, entendent bien se développer sur ce marché en croissance de 2,1% en 2018, encore appelé à progresser avec l'augmentation de la population.

« Les agences bancaires deviennent des petites agences générales d'assurance », affirme M. Chartier-Kastler, illustrant ses propos avec le réseau Crédit Mutuel-Centre Est Europe-CIC dont chaque agence engrange en moyenne près de 120.000 euros de commissions en contrats d'assurance dommages, selon ses estimations.

Les agents généraux à la peine

Face à cela, les réponses des assureurs « sont aujourd'hui essentiellement technologiques, notamment en parcours client, or ce n'est pas la technologie qui génère des ventes et des prospects », estime M. Chartier-Kastler.

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En face, les réseaux d'agents généraux sont à la peine, face également à la concurrence des courtiers mais aussi à la désertion des agences par les clients, notamment les particuliers, leur nombre « ayant tendance à diminuer parce que les tarifs pratiqués sont trop élevés », explique M. Chartier-Kastler.

Des mastodontes bien installés

La perte de clients apparaît abyssale au travers de l'étude : entre 2012 et 2018, la distribution par les agents généraux d'assurance a perdu 500.000 contrats d'assurance automobile et 800.000 en multirisque habitation.

Néanmoins, les mastodontes de l'assurance sont toujours bien installés, à savoir Axa, le mutualiste Covéa - MAAF, MMA et GMF - et Allianz, qui à eux trois ont réalisé près de 66% du résultat technique, équivalent du résultat d'exploitation, de l'assurance dommages en France, soit 2,6 milliards d'euros.