Edouard Philippe a maintenu l'objectif d'économies prévues pour 2019 malgré l'embellie économique en France, dans des lettres de cadrage envoyées aux ministres, a-t-on appris mercredi auprès de Matignon, confirmant une information des Echos.

Sollicité par l'AFP, Matignon a confirmé l'envoi lundi de lettres de cadrage destinées à préparer les réunions de gestion entre le ministre des Comptes Publics Gérald Darmanin et les autres ministres et commencer à préparer le projet de loi de finances 2019. Ces lettres de cadrage « n'ont pas vocation à être rendues publiques » mais Matignon a confirmé que les plafonds de crédits pour 2019 dans le cadre de la trajectoire budgétaire pluriannuelle établie en septembre étaient « inchangés ».

Les dépenses pilotables de l'Etat, c'est-à-dire hors dotations aux collectivités et à l'Union européenne et hors charge de la dette, sont toujours censées être réduites de 0,4% en volume en 2019, après une hausse attendue de 0,6% en 2018. Si l'amélioration des recettes de l'Etat est mécanique du fait de l'embellie économique actuelle, l'exécutif rejette toute idée de « cagnotte » en soulignant que la France a un déficit qui avoisine les 3%.

Priorité à la réduction de la dette et des déficits

Les recettes supplémentaires iront en priorité à la réduction de la dette et des déficits, ont dit et répété Edouard Philippe et ses ministres ces dernières semaines. Dans son rapport annuel publié mercredi, la Cour des comptes a mis en garde le gouvernement contre tout « relâchement » dans la gestion des finances publiques, jugeant nécessaire de maîtriser les dépenses malgré « l'amélioration constatée de la situation économique ».

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« Même avec un déficit ramené sous la barre des 3%, la France continue de présenter une situation financière plus dégradée que celle de la quasi-totalité de ses partenaires de la zone euro », a souligné le président de la Cour Didier Migaud lors d'une conférence de presse. La Commission européenne a nettement relevé mercredi ses prévisions de croissance pour la France, estimant que « la dynamique économique » récente resterait « forte dans un proche avenir ». Pour 2018, Bruxelles prévoit une hausse du produit intérieur brut de 2%, en lieu et place des 1,7% jusque-là attendus. Pour 2019, elle parie sur une hausse de 1,8%.