Les députés UMP dénoncent « le passage en force » du gouvernement sur le projet de loi Macron, dans une motion de censure qu'ils ont déposée mardi soir, suite à l'engagement de responsabilité de Manuel Valls.

« Ce passage en force, au mépris des deux cents heures de débat qui se sont écoulées depuis le début de l'examen de ce texte, témoigne d'une réalité : ce gouvernement n'a plus de majorité », selon le texte de la motion que s'est procuré l'AFP. « Il n'a plus de majorité parce qu'il a déserté le champ de la politique économique et sociale de la France. Comme nous l'avons dénoncé tout au long de l'examen de ce projet de loi, celui-ci n'est qu'une compilation de mesures hétéroclites qui ne libèrent ni le travail, ni l'investissement, ni l'activité », poursuit le texte.

« Ce projet de loi est à l'image de l'action du gouvernement depuis 2012 : aucune réforme de structure ; des revirements incessants au détriment de l'emploi et de la compétitivité ; des choix qui annihilent toute chance de reprise alors que la croissance frémit en Europe », ajoute-t-il. « Sans réforme de l'Etat, sans réforme de nos régimes de retraites, sans réforme de la protection sociale, sans réforme du code du travail, sans réforme du paritarisme, ce texte a minima est une occasion manquée de mener le redressement de notre pays, à l'image de nos partenaires européens qui, eux, se sont déjà engagés dans ces réformes », selon la motion. « Plutôt que de réformer la fiscalité des sociétés et des ménages, le gouvernement réussit la prouesse d'augmenter à la fois les impôts et les déficits. Plutôt que de construire la France de demain, le gouvernement mène une politique qui assombrit les perspectives de sa jeunesse », conclut-elle.

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Si cette motion, qui devrait être soumise au vote jeudi soir, était adoptée - ce qui n'est pas possible au vu des rapports de force à l'Assemblée -, le gouvernement devrait démissionner, et, si elle est rejetée, le projet de loi sera considéré comme adopté en première lecture.