La réduction fiscale Scellier, qui permet, sous conditions, aux investisseurs locatifs de déduire de leurs impôts une partie de leur investissement, est actuellement équivalente à 25% du prix de revient du logement (dans la limite de 300.000 euros), à répartir en parts égales sur 9 ans. A condition, bien sûr, que le bien soit loué, et que le loyer respecte certains plafonds de loyer.
A partir du 1er janvier 2011, ce niveau de réduction, soumis au coup de rabot de 10% sur les niches fiscales, doit normalement être ramené à 22% pour les logements répondant aux futures normes environnementales (dites BBC), et à 13% pour les autres (les plus nombreux).
Las, les députés UMP François Scellier (déjà à lorigine du dispositif en 2008), Gilles Carrez (rapporteur du budget), ainsi que le Nouveau Centre Charles de Courson, ont déposé, le 10 novembre dernier, un amendement prévoyant de repousser de trois mois la mise en uvre de ce coup de rabot. Amendement adopté vendredi dernier, avec la bénédiction du gouvernement.
Concrètement, les logements dont la promesse de vente sera signée dici au 31 décembre 2010 et lacte authentique dachat au 31 mars 2011, bénéficieront dune réduction de 25% sils ont BBC, et de 15% sils ne le sont pas. A condition, bien sûr, que le texte soit définitivement adopté en l'état.
« Un délai de régulation »
Pourquoi cet changement de dernière minute ? « Cest un délai de régulation », a expliqué François Scellier. La perspective dun moindre avantage fiscal aurait en effet encouragé les investisseurs à conclure plus rapidement que prévu leurs achats, entraînant une situation dengorgement chez les notaires et dans les banques. « Il ne sagit pas de proroger le délai de 25% au-delà du 31 décembre », sest justifié le député Scellier. « Le dispositif reste le même dun point de vue légal, cest simplement le délai de régularisation de lacte authentique qui est reporté de trois mois. »
Déjà il y a un an
Cest la seconde fois que lAssemblée revient, in extremis, sur les règles d'application de lavantage Scellier. Il y a un an, au cours de la préparation du budget 2010, le gouvernement, avait prévu de « verdir » le dispositif dès le 1er janvier 2010. A lépoque, la majorité parlementaire sy était opposé, justifiant le report dun an par limpératif de maintenir la confiance des investisseurs et de soutenir, par ricochet, le secteur du bâtiment en période de crise économique.
Cet article, initialement intitulé « Dispositif Scellier : la réduction fiscale de 25% prolongée de trois mois », a été revu et mis à jour le 1er décembre 2010, à la suite dune information publiée par le site internet fiscalonline contredisant, source directe à lappui, notre interprétation initiale de lamendement.













