L'inflation en zone euro va demeurer élevée plus longtemps qu'attendu, atteignant même un pic historique en novembre, avant de refluer à un rythme délicat à anticiper, a estimé mercredi une haute responsable de la Banque centrale européenne.

Cet indicateur qui sert d'étalon pour la politique monétaire de la BCE « restera plus élevé plus longtemps que prévu », a déclaré mercredi Isabel Schnabel, membre du directoire de l'institut, lors d'un forum organisé par Goldman Sachs. En novembre, « nous nous attendons à ce que l'inflation atteigne son plus haut niveau depuis l'introduction de l'euro en 1999 », a-t-elle encore dit.

La BCE, qui soutient depuis plusieurs mois que la poussée actuelle d'inflation va se résorber dans les prochains mois, reconnaît désormais que l'accélération des prix en zone euro sera plus durable qu'elle ne l'anticipait initialement. En octobre, la hausse des prix dans la région s'est établie à 4,1%, égalant le précédent plus haut qui datait de juillet 2008 au moment de la grande crise financière.

« L'incertitude s'est accrue quant au rythme et à l'ampleur du ralentissement », a observé la banquière centrale allemande.

Ce ralentissement va dépendre des conséquences de la « transition verte » sur les prix de l'énergie et de la « capacité de l'offre » de production à « rattraper la demande élevée » des ménages, dans un contexte de pénuries dans les chaînes mondiales d'approvisionnement.

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Pour autant, il faut « éviter l'erreur d'un resserrement prématuré » de la politique monétaire, a martelé la banquière allemande, évoquant de nouveau un « pic d'inflation temporaire ».

La BCE, qui vise un objectif d'inflation de 2% à moyen terme, est sous pression des marchés pour dévoiler un calendrier de hausse de taux, comme ont commencé à le faire ses homologues américaine et britannique en réponse à l'accélération de l'inflation.

A l'issue de sa prochaine réunion mi-décembre, les observateurs s'attendent à ce qu'elle annonce la fin progressive des rachats de dette dans le cadre du plan d'urgence décidé au début de la pandémie. Mais d'autres programmes d'achats nets d'actifs devraient prendre le relais tandis que les taux directeurs devraient camper à leur plus bas historique.