Le monde HLM français, qui a plutôt bien résisté à la crise, peut maintenir un bon rythme de construction de logements sociaux si les conditions sont réunies, et poursuivre les travaux de rénovation engagés.

« Le secteur du logement social s'est montré jusqu'à présent résilient face à la crise sanitaire, qu'il a abordée dans une situation financière solide fin 2019 », écrivent les auteurs du rapport annuel de la Banque des Territoires , financier de référence du logement social et métier de la Caisse des Dépôts. La publication de ces « perspectives » précède de quelques jours le grand congrès HLM prévu du 28 au 30 septembre à Bordeaux.

La Banque des Territoires prévoit « un retour progressif au niveau d'activité pré-crise d'ici courant 2023 » et estime que « les bailleurs sociaux seraient en mesure de participer à la relance, grâce à une situation financière initiale saine, au niveau bas des taux d'intérêt (...) et à leurs revenus issus des loyers peu affectés par la crise ».

Un rebond d'ici 2 ou 3 ans

Dans ses projections, la Banque des Territoires table sur un « rebond » des constructions de logements d'ici deux ou trois ans, après une année 2020 « difficile » dans le contexte du Covid, a expliqué à l'AFP Kosta Kastrinidis, directeur des prêts. Puis sur « un rythme de 100.000 logements annuels », à la fois cohérent avec les attentes en termes de politiques publiques et avec une analyse de la demande, a-t-il ajouté. Il y a tout de même des incertitudes, prévient-il : la disponibilité du foncier, « l'envie politique » au niveau local, mais aussi actuellement la hausse des coûts des matières premières.

Le logement social représente un quart des constructions annuelles de logement en France « les bonnes années », rappelle M. Kastrinidis.

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L'éradication des passoires thermiques en bonne voie

L'édition 2021 de l'étude fait aussi un point sur la politique de rénovation thermique et notamment l'impact de l'éco-prêt, dispositif qui permet de financer la réhabilitation des « passoires thermiques », et les conclusions sont « assez positives », s'est félicité M. Kastrinidis. « Il n'y a quasiment plus aucun logement énergivore dans le parc HLM, en tout cas les étiquettes F et G sont quasiment éradiquées », assure-t-il. Entre 2009 et fin 2020, quelque 425.000 logements ont ainsi été réhabilités grâce à l'éco-prêt.

« Au-delà de la rénovation thermique, maintenant il y a aussi la décarbonation des bâtiments, on continue donc à adapter notre produit d'éco-prêt pour venir en appui des nouvelles exigences environnementales, notamment du zéro carbone », a souligné Kosta Kastrinidis.