Prudence lorsque vous demandez de laide à vos proches pour un déménagement, du rangement ou de menus travaux dans votre maison, ou vous pourriez vous retrouver dans la situation de Paul, dont la faute contractuelle a été confirmée par la première chambre civile de la Cour de cassation, dans un arrêt rendu le 5 mai dernier.
Les faits sont les suivants : Paul a requis laide de Pierre et de Jean pour ranger des affaires et vider des pièces dans la perspective daccueillir prochainement sa compagne et ses enfants. Dans la journée, Paul ordonna à Jean de jeter un carton de 30kg par-dessus le balcon du deuxième étage, car trop lourd pour être descendu par les escaliers. Après avoir crié « attention », Jean sexécuta. Le carton percuta violemment Pierre, qui se trouvait au rez-de-chaussée, et le blessa.
Le coup de main créé un contrat
Lassureur de Paul a indemnisé la victime puis sest retourné contre Jean, le lanceur de carton, estimant que cétait lui le responsable. Tout dabord, les juges du fond ont qualifié la situation de « convention dassistance bénévole ». Un tel contrat se créé lorsquune personne, lassistant, apporte son aide à une autre, lassisté, qui laccepte. Laide doit être fournie gratuitement et dans lintérêt exclusif de lassisté. Ici, Pierre et Jean ont, sans contrepartie, accepté daider Paul, à sa demande. Ce dernier est donc lié contractuellement à ses amis, mais pourquoi serait-il responsable du dommage causé à un assistant par un autre assistant ?
Une obligation de sécurité non respectée
La cour dappel a jugé que la responsabilité était partagée entre Paul et Jean, à hauteur de 70% pour le premier et de 30% pour le second, ce qua confirmé la Haute juridiction. Le lanceur de carton est donc moins responsable que lorganisateur de la journée rangement. La sentence peut paraître sévère, mais Paul, en tant quassisté contractuellement lié à ses assistants, a une obligation de sécurité envers ces derniers.
Or, en donnant lordre de jeter ce carton du deuxième étage, sans aucune instruction de sécurité, sans avertir personne, et donc sans considération pour les personnes qui pouvaient se trouver sous le balcon, Paul a commis une faute contractuelle envers Pierre. Par sa négligence, la sécurité de son assisté na pas été assurée, quand bien même le dommage serait directement causé par quelquun dautre que lui.
Jean a lui aussi commis une faute, mais nétant pas lié à Pierre par un contrat, elle est qualifiée de délictuelle. Il est évidemment responsable puisquauteur du lancer, mais dans une moindre mesure que son donneur dordre. En effet, seule une faute grave dun assistant peut totalement écarter la responsabilité de lassisté. En tant quorganisateur, Paul a commis une faute plus importante par sa négligence que son ami Jean.


















