Le retrait de beaucoup d'assureurs du secteur du charbon ces dernières années a nettement compliqué le fait d'assurer des projets liés au charbon, se félicite mercredi un groupement d'ONG, qui appelle toutefois les compagnies à adopter la même politique avec le pétrole et le gaz.

« Le retrait continu des assureurs du secteur charbon rend plus difficile et plus coûteuse l'obtention d'une couverture d'assurance pour des projets charbon », souligne un rapport publié par « Insure Our Future », campagne collective d'ONG qui demandent aux assureurs de se désengager et de cesser d'assurer le charbon, les sables bitumineux, le pétrole et le gaz et de soutenir la transition vers l'énergie propre.

De fait, la plupart des assureurs européens et australiens n'assurent plus de nouveaux projets liés au charbon, tandis que d'autres deviennent plus prudents et limitent leurs capacités, salue le rapport, constatant que « les entreprises du charbon étaient confrontées à des augmentations des tarifs allant jusqu'à 40% ».

Dans le détail, « au moins 23 assureurs ont mis fin ou limité leur couverture aux projets charbon, ce qui représente 12,9% du marché de l'assurance primaire et 48,3% du marché de la réassurance », poursuit-il.

En outre, « les assureurs se désinvestissent aussi également du charbon : au moins 65 assureurs avec des actifs combinés d'une valeur de 12.000 milliards de dollars - probablement plus de 40% des actifs totaux de l'industrie - ont soit adopté une politique de désinvestissement, soit se sont engagés à ne pas faire de nouveaux investissements dans le charbon », est-il ajouté.

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« il faut que cela s'accélère »

« Le retrait progressif des assureurs des énergies fossiles est positif, mais face à l'aggravation de la crise climatique, il faut que cela s'accélère », a commenté Peter Bosshard, coordinateur de la campagne « Insure our future ». Notamment, « les grands assureurs états-uniens, le marché du Lloyd's et l'Asie de l'Est continuent d'assurer le charbon et le secteur mondial de l'assurance n'a pas encore pris de mesures globales concernant le pétrole et le gaz », regrette le collectif.

À ce jour, « seuls neuf assureurs ont limité ou mis fin à leur couverture pour le pétrole des sables bitumineux - contre quatre l'année dernière », souligne-t-il. Parmi les groupes européens, les français Axa et Scor, mais aussi les allemands Allianz, Munich Re ou encore l'helvétique Zurich « doivent à minima cesser d'assurer et d'investir dans des sociétés qui prévoient l'ouverture de nouvelles réserves de pétrole et de gaz », relève Lucie Pinson, directrice générale du cabinet Reclaim Finance, membre du collectif.