Les entreprises du secteur de la défense rencontrent des difficultés auprès des banques pour obtenir des financements à leur activité, a indiqué vendredi le délégué général pour l'Armement (DGA), Joël Barre.

« Nous avons entendu certaines entreprises dire que nos banquiers manifestaient une certaine frilosité vis-à-vis de ces entreprises du secteur de la défense », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. « Il faut reconnaître que (...) le marché des équipements (de défense) est un marché particulier, c'est une marché dont le client est public, c'est un marché de long terme qui demande des investissements dans la durée », a détaillé le délégué général pour l'Armement.

« Est-ce que les caractéristiques un peu particulières de ce marché de l'industrie de défense représentent l'essentiel de la frilosité bancaire ? », s'est-il interrogé. « Peut-être », a-t-il estimé, renvoyant toutefois la question aux banques. Sollicitée par l'AFP, la Fédération bancaire française (FBF) a indiqué qu'elle n'avait « pas connaissance de ce sujet ». « Cela est du ressort de chaque établissement », a-t-elle complété.

« Cette attitude des banques, nouvelle et inquiétante, au nom d'une conception toujours plus extensive de l'analyse des risques, est profondément choquante », a fustigé de son côté Christian Cambon, président de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, dans un communiqué publié jeudi, à la suite d'une audition du délégué général pour l'Armement.

Face à cette situation, la direction générale de l'Armement a apporté son soutien aux sociétés concernées et les a aidées à obtenir les prêts escomptés, selon son délégué général. Depuis le printemps, elle soutient également les entreprises qui rencontrent des difficultés du fait de la crise sanitaire.

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« Nous avons visité ou rencontré un peu plus de 1.000 sociétés », a expliqué M. Barre. « Nous en avons identifié à peu près 10% qui nécessitaient des actions de remédiation », telles que l'« accélération de paiement pour résoudre les problèmes éventuels de trésorerie », des « anticipations de commandes » ou « des nouvelles commandes ».

« Sur les quelque 120 entreprises qui nécessitaient des actions de remédiation nous considérons qu'à l'heure actuelle nous en avons traité 80 », a indiqué le délégué général, précisant que ce programme de soutien se poursuivait. Il s'inscrit en complément du plan d'aide dédié au secteur aéronautique présenté par le gouvernement en juin et des différentes mesures de soutien à l'économie.