L'ex-ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine a appelé son successeur, Agnès Buzyn, à reprendre un texte de loi étendant « l'obligation vaccinale à 11 vaccins », lors de la passation de pouvoirs mercredi au ministère à Paris.

Evoquant « l'obligation vaccinale », sujet polémique sur lequel elle s'est « beaucoup engagée » mais qu'elle n'a pu « mener à son terme en raison du calendrier parlementaire et politique », Marisol Touraine a expliqué avoir « préparé un texte de loi ». Celui-ci prévoyait « l'extension de l'obligation vaccinale à 11 vaccins, selon la recommandation du groupe piloté par le professeur Fisher », a déclaré Mme Touraine, qui avait organisé une « concertation citoyenne » sur la vaccination en 2016.

Un comité avait ainsi recommandé en décembre de rendre « obligatoires » de façon temporaire jusqu'à 11 vaccins, contre trois actuellement, pour remédier à la « baisse de la couverture vaccinale » liée à la « perte de confiance » des Français dans la vaccination. « Je suis convaincue que c'est cela qui doit être engagé, maintenant la responsabilité est la vôtre », a-t-elle lancé à Agnès Buzyn, qui n'a pas précisé sa position personnelle.

« Notre style sera peut-être différent »

Marisol Touraine, qui passé cinq ans avenue Duquesne - un record -, a fondu en larmes à l'issue de son intervention, où elle s'est dite « extrêmement heureuse » de « transmettre le flambeau » à Agnès Buzyn, engagée « dans les combats de santé publique et d'intérêt général ». La nouvelle ministre des Solidarités et de la Santé a salué les « réformes courageuses, ambitieuses » de son prédecesseur.

« Pour autant, nous serons probablement, parfois, dans des chemins différents », a-t-elle déclaré. « Il y a certainement des choses que je continuerai avec l'énergie que vous aurez déployée, je ressens profondément ce besoin d'équité, de solidarité », a-t-elle ajouté. « Notre style sera peut-être différent mais notre engagement tout aussi puissant », a assuré Agnès Buzyn.

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« Je prendrai d'arrache-pied tous les dossiers urgents (...), j'essaierai de les traiter avec équité » a fait valoir la nouvelle ministre. « Ce n'est pas parce que je suis médecin que je ne m'intéresserai qu'au champ de la santé », a promis cette femme professeur en hématologie, mentionnant notamment « l'équilibre » à « trouver entre la médecine de ville, l'hôpital ».