Le Haut conseil des Finances publiques a validé le scénario économique retenu par Bercy dans son budget rectificatif 2015, tout en mettant en garde contre de « nouvelles dépenses » qui nécessiteront « un pilotage très strict jusqu'à la fin de l'année », selon un avis rendu public vendredi.

L'autorité indépendante présidée par Didier Migaud estime, dans ce texte transmis au gouvernement et publié au Journal Officiel du 13 novembre, que l'hypothèse de croissance de 1% retenue pour le projet de loi de finances rectificative est « prudente » et que sa prévision d'inflation, de 0,1%, est « réaliste ».

Le projet de loi de finances rectificative, présenté au conseil des ministres, est destiné à apporter les ultimes corrections à l'exercice budgétaire de l'année en cours. Dans ce texte, qui devrait être débattu à l'Assemblée nationale à partir du 30 novembre, le gouvernement a maintenu inchangées ses prévisions économiques par rapport à fin septembre, notamment en ce qui concerne le déficit public (3,8% du PIB).

« Un pilotage très strict jusqu'à la fin 2015 »

« Compte tenu des informations dont il dispose, le Haut Conseil considère que la prévision de déficit public de 3,8% du PIB en 2015, soit une réduction modeste par rapport à celui de 2014 (3,9%), est vraisemblable », indique l'avis. Selon le Haut conseil, « le respect de l'objectif de dépenses de l'État (hors charges de la dette et pensions) » est toutefois « rendu plus difficile par les nouvelles dépenses décidées en cours d'année qui s'ajoutent aux dépassements récurrents de crédits ».

« Il nécessitera donc un pilotage très strict jusqu'à la fin de l'année », ajoutent les sages, qui rappellent que « des incertitudes importantes subsistent traditionnellement à ce stade de l'année sur certaines recettes et dépenses ». Le Haut conseil estime notamment que les exonérations d'impôts locaux annoncées par le gouvernement pour certains retraités modestes, votées jeudi par l'Assemblée nationale, « pèseront » sur les recettes publiques.

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Le bouclage du budget 2015 sera toutefois facilité, selon les sages, par la baisse des charges d'intérêts sur la dette et par la révision à la baisse de la contribution de la France au budget de l'Union européenne. Une « économie de constatation qui n'est cependant pas pérenne », préviennent-ils.