Lancé il y a deux ans, le Compte-Nickel a déjà convaincu près de 168.000 clients de se rendre chez leur buraliste pour bénéficier d’un RIB et d’une carte de paiement. Facturé 20 euros par an, l’abonnement au service peut être interrompu à tout moment. Toutefois, les usagers qui passent à l’acte s’exposent à une conséquence assez inattendue : l’impossibilité, dans l’immédiat, de se réabonner ultérieurement au service. Explications de Hughes Le Bret, co-fondateur du service.

Comme près de 168.000 Français, vous avez choisi de tester le Compte-Nickel, convaincu par les promesses du « compte sans banque » commercialisé chez les buralistes : une carte bancaire et un RIB accessibles en quelques minutes ; un compte entièrement gérable en ligne ; des paiements par carte reportés en temps réel sur le solde, sans découvert possible ; un prix relativement modique : 20 euros par an. Puis, parce que vous n’en avez plus l’usage, vous avez décidé de fermer votre compte. La Financière des paiements électroniques (FPE), l’établissement de paiement qui a inventé le Compte-Nickel, a plutôt bien fait les choses. La procédure de clôture est en effet assez simple : une demande en ligne depuis le site internet et le tour est joué, dans un délai maximum de trente jours.

Des usages ponctuels

Dans les heures qui suivent, un mail vous parvient, vous demandant de confirmer la clôture. Il s’accompagne toutefois de deux phrases assez énigmatiques : « Je tiens toutefois à vous informer que votre cotisation pour votre Compte-Nickel est valable pour une durée d'un an », sans donner la date d'échéance précise. « Par ailleurs, nous tenons à vous informer qu'il ne sera pas possible d'ouvrir un nouveau compte ». Un nouveau mail au service clients, et c’est la confirmation : « Effectivement, si vous souhaitez clôturer votre compte nickel ce jour, il ne sera plus possible à l'avenir d'en ré-ouvrir un autre ».

La pratique est étonnante. Outre qu’elle peut apparaître comme un refus de vente, elle contrevient à certains usages possibles du Compte-Nickel. En effet, si deux tiers des clients du service semblent vouloir l’utiliser durablement, en y domiciliant leurs revenus, il peut aussi convenir à des usages plus ponctuels, pour payer des notes de frais, régler des achats en ligne en limitant les risques de fraude ou à l’occasion d’un voyage à l’étranger, pour profiter de l’absence de commissions sur les achats hors zone euro. Autant d’usages qui peuvent justifier de fermer ponctuellement son compte, pour éviter de payer l’abonnement annuel de 20 euros, puis d’en réouvrir un nouveau, en 10 minutes chez son buraliste, quand le besoin s’en fait ressentir.

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La réactivation du compte est possible

Nous avons donc demandé à Hugues Le Bret, président du comité de surveillance de la FPE, de nous expliquer le pourquoi du comment de cette limitation. Celle-ci s’avère avant tout technique. « Actuellement notre SI [système informatique, NDLR] ne permet pas l'ouverture d'un compte au même nom, prénom, numéro de pièce. C'est pour cela que nous prévenons les clients lors de la clôture du compte », explique l’ancien patron de Boursorama Banque dans un mail. « En revanche, si un client souhaite ré-ouvrir un compte, nous réactivons l'ancien compte ». Une précision qui n'apparaît nulle part actuellement, mais qui sera prochainement ajoutée au mail expédié automatiquement en cas de clôture.

« Consciente de ce sujet », la FPE travaille par ailleurs déjà à une solution : « Nous effectuons en ce moment les développements nécessaires pour qu'un client qui a fermé son compte puisse en rouvrir un par la suite sans passer par la réactivation de l'ancien », promet Hugues Le Bret.

Mise à jour (15 octobre 2015) : Le service clients du Compte-Nickel nous a fait savoir que le mail de confirmation de clôture mentionnait désormais la possibilité de réactiver son compte.