Le paiement mobile en passe d’être adopté par le grand public, l’industrie des paiements cherche désormais sa prochaine innovation majeure du côté des cryptomonnaies (du type bitcoin) et de la technologie dite du « blockchain ».

Pour la première fois cette année, l’innovation technologique est devenue la préoccupation première de l’industrie des paiements, au même niveau que les questions de régulation et de sécurité : c’est l’un des enseignements de la 4e édition « The Changing Face of Payments », étude internationale (1) publiée en Grande-Bretagne à partir des réponses fournies par plus de 300 professionnels du secteur des paiements, issus de la banque pour un tiers, mais aussi d’agences de conseil et d’entreprises technologiques, notamment.

Une innovation incarnée à l’heure actuelle par le paiement mobile : le secteur affiche ainsi un réel optimisme sur son adoption par le grand public, qui contraste avec le scepticisme d’une partie des usagers. 90% des personnes interrogées dans le cadre de l’étude considèrent ainsi que le mobile sera d’ici à 5 ans massivement utilisé au quotidien pour les paiements de personne à personne, ou de personne à entreprise. Elles actent également, pour une part, le retard des banques dans le domaine, et l’émergence de nouveaux acteurs : près de 4 sondés sur 10 estiment en effet qu’Apple et Google vont dominer ce marché, au moins pour les 5 ans à venir. L’émergence du paiement mobile, enfin, ne condamne pas pour autant le moyen de paiement dominant actuellement, la carte bancaire. Les sondés sont même moins enclins que les années précédentes à envisager une érosion de son usage à court terme.

Temps réel et coût réduit grâce au blockchain

Le paiement mobile devenu grand public, la prochaine innovation décisive pour l’industrie des paiements est à chercher, selon les professionnels du secteur, du côté des crypto-monnaies (du type bitcoin) et de la technologie « blockchain ». Son principe, celui d’un historique publique et décentralisé conservant la trace de toutes les transactions effectuées dans la monnaie, permet d’effectuer des paiements et des transferts d’argent en temps réel et à coût réduit. Deux qualités que les actuels grands systèmes de paiement, conçus dans les années 70 et 80, peinent à reproduire.

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Malgré certaines difficultés persistantes (l’extrême volatilité des cours des cryptomonnaies et les réticences des régulateurs, notamment), tous les grands acteurs des paiements, les banques en premier lieu, ont déjà commencé à s’intéresser au blockchain, voire à en intégrer le principe dans leurs systèmes. Récemment, un analyste de BNP Paribas, Johann Palychata, expliquait même dans Quintessence, un blog édité par la banque, que le blockchain rendait potentiellement superflus les intermédiaires actuels de l'industrie bancaire et qu'il devait à ce titre être considéré comme une invention de l'importance « de la vapeur ou du moteur à combustion ».

(1) Rapport publié par le cabinet de conseil Cognizant, en partenariat avec le système de paiement VocaLink et le Financial Services Club.