A l'occasion de la publication de son « portrait social » de l'Hexagone, lInsee fait le point sur les nouvelles mesures fiscales qui ont impacté le budget des Français en 2013. Grâce à un modèle de micro-simulation baptisé Ines, linstitut a pu appliquer la législation socio-fiscale « à un échantillon représentatif de 105.000 ménages ». LInsee a ensuite comparé ces résultats à « ceux qui auraient été obtenus en prolongeant naturellement la législation de lannée précédente ». Le résultat est net : 61% des ménages Français étaient imposés l'an dernier, alors quil ny en aurait eu que 58% si ces mesures navaient pas été prises. « Parmi les 16,5 millions de ménages qui ont payé un impôt sur le revenu en 2013, 670.000 le doivent aux mesures nouvelles », assure lInsee, qui ajoute que 84% des ménages nouvellement imposés se situent « dans les déciles médians de niveaux de vie ».
Des inégalités réduites
L'Insee pointe néanmoins que ces nouvelles mesures fiscales ne sont pas étrangères à la réduction légère des inégalités en France. « En labsence de réforme, le rapport entre le niveau de vie moyen des 10% les plus aisés et celui des 10% les plus modestes se serait établi à 6,6. Sous leffet des nouvelles mesures prises en 2013, ce rapport passe à 6,5 », analyse linstitut. Le rapport donne ainsi quelques éléments de réponse : le niveau de vie moyen des 10% de foyers les plus aisés baisse de 1,7%, tandis quil ne diminue que de 0,3% pour les autres déciles. « Les mesures nouvelles concernant limpôt payé en 2013 par les ménages sur leurs revenus de 2012 ont augmenté son rendement, en mettant davantage à contribution les plus aisés », observe lInsee. Il souligne également que 96% de la réduction des inégalités sopère via limpôt sur le revenu et le prélèvement forfaitaire. Les 4% restant proviennent notamment de laugmentation forfaitaire du RSA.
mais des impôts qui augmentent
Si les prestations sociales sont restées stables, à +0,2%, ce nest pas le cas des prélèvements : ils ont augmenté de 4,8% pour lensemble de la population. Ces nouvelles mesures ont ainsi permis aux impôts une recette supplémentaire de 4,7 milliards deuros (hors prélèvements forfaitaires). Soit 8% de plus par rapport à une situation où aucune mesure naurait été prise en 2013. Ces 8% représentent environ 280 euros de hausse pour les ménages imposés. Premiers impactés : les 10% de foyers les plus aisés, qui accusent une hausse moyenne de 800 euros (« notamment via la création dune tranche supplémentaire dimposition ou la réduction du plafonnement de certains avantages »).
Avec 1,9 milliard deuros de recettes, le gel des barèmes de limpôt et de la prime pour lemploi est sans conteste la mesure la plus rentable, pour le gouvernement. Il revient à 110 euros supplémentaires par ménage imposé. Mais là encore il faut préciser que 77% des recettes supplémentaires engendrées par cette mesure sont supportées par la moitié la plus aisée des ménages.
Parmi les autres mesures lInsee répertorie notamment la suppression de lexonération fiscale des heures supplémentaires, le plafonnement à 2.000 euros (au lieu de 2.336 euros) du quotient familial, la création de la tranche à 45%, laugmentation du plafond de la décote (de 878 à 1.060 euros), labaissement de celui de labattement de 10% sur les traitements et salaires pour frais professionnels (de 14.157 euros à 12.000 euros) et le taux dimposition des plus-values de cession de valeurs mobilières (de 19 à 24%).













