Dimanche prochain, la Banque centrale européenne (BCE) va dévoiler les résultats des tests de résistance des banques européennes. Un rendez-vous très attendu avant la mise en place du Mécanisme de Surveillance Unique (MSU), qui verra la BCE superviser directement une partie du secteur bancaire européen à partir du 4 novembre. En quoi consistent ces tests ? Que révèlent-ils de l’état du secteur bancaire européen ? Les réponses de Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque.

Christopher Dembik, quel est l’objectif des tests de résistance bancaire menés par la BCE ?

« Ils servent à connaître le degré de solidité des principales banques du continent face à un scénario de crise majeure. En filigrane, il s’agit avant tout de maintenir la confiance des marchés dans le secteur bancaire européen. A ce titre, ces tests sont devenus un rendez-vous incontournable. L’Europe n’est d’ailleurs pas la seule à les avoir ritualisés : c’est aussi le cas du Japon ou des Etats-Unis, notamment. »

Comment sont sélectionnées les banques testées ? Et quels sont les critères pris en compte ?

« Les tests dévoilés dimanche prochain concernent 131 banques, sélectionnées en fonction du volume des actifs présents dans leur bilan. Ce sont donc des banques dites « systémiques » qui, en cas de défaut, sont susceptibles de déstabiliser l’ensemble du secteur bancaire européen. Les critères pris en compte pour apprécier leur solidité sont nombreux : la valeur réelle de leurs actifs sur le marché, leur exposition à un événément de crédit, la qualité de leur portefeuille de crédits… »

Quelles sont les limites de ces tests ?

« Ils ne sont pas parole d’évangile. Par le passé, des banques considérées comme solides sur la foi des tests de résistance ont fait faillite ensuite. Ensuite, plusieurs gouvernements de pays du Sud de l’Europe (Espagne, Grèce, Italie et Portugal) ont mis en place des astuces juridiques qui permettent de consolider artificiellement les bilans de leurs banques encore convalescentes, là encore pour ramener la confiance. Elles leur permettent ainsi de conserver au capital des actifs d’impôt différé, utilisés pour réduire la charge fiscale dans le bilan. Problème : ces fonds ne sont pas immédiatement disponibles et ne pourraient être mobilisés pour faire face à une situation de crise. »

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Y-a-t-il un risque de voir des banques recalées ? Quelles seront les conséquences pour elles ?

« Les grandes banques devraient passer les tests sans problème. Si certaines banques sont recalées, ce seront des banques de second rang. Celles-ci devront alors faire appel au marché pour rapidement consolider leur bilan, en vue de la mise en place du MSU le 4 novembre prochain. Mais les montants nécessaires devraient rester assez faibles. Ça devrait donc bien se passer. Le contexte reste toutefois délicat, et on ne peut pas totalement exclure un mouvement de panique. »