Selon une étude commandée par la société de garantie financière Genworth, un foyer français sur cinq rencontre des difficultés financières très fréquentes, voire permanentes, et 54% d'entre eux en éprouvent de temps en temps.

Deuxième puissance économique en Europe, la France se classe pourtant au 9e rang en termes de perception par les consommateurs de leur situation financière, derrière l'Espagne (au 8e rang) et la Turquie (7e rang), souligne l'étude. L'indice de sécurité financière des Français s'établit à 34 (sur 100), soit le niveau le plus faible depuis sa création en 2007. L'Allemagne améliore son classement à la sixième place avec un score de 40 tandis qu'au premier rang, on trouve la Norvège avec un indice de 64, devant la Suède (53) et le Danemark (50).

Seulement 6% des sondés français se jugent « financièrement stables », une proportion qui a diminué de moitié au cours des sept dernières années, contre 8% en Espagne et 10% en Allemagne. De l'autre côté du spectre, 25% des ménages se classent dans la catégorie « financièrement vulnérables », écrivent les auteurs de l'étude. La génération X, celle des 35-44 ans, est la plus touchée par le sentiment de vulnérabilité (34%). Globalement, en raison de la stagnation de l'économie, la majorité des ménages (51%) pensent que leur situation financière ne va pas changer et seulement 18% pensent qu'elle va s'améliorer.

Mauvaise nouvelle pour la croissance

« La perception par les consommateurs de la sécurité ou de la vulnérabilité financières de leur famille est cruciale pour l'économie française », commente Genworth. « Le faible taux de ménages se considérant comme financièrement stables ne peut qu'avoir un impact négatif sur la reprise naissante car le sentiment de sécurité et les dépenses des consommateurs sont des éléments moteurs clés pour la croissance, les dépenses des ménages représentant habituellement plus de la moitié du produit intérieur brut ».

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Parallèlement, 49% des personnes interrogées estiment que la part du revenu national consacrée aux prestations sociales va diminuer dans les cinq prochaines années. Mais seules 17% d'entre elles estiment que le gouvernement devrait augmenter le budget des prestations sociales au risque d'une augmentation des impôts, contre 54% qui ne sont pas d'accord avec cette proposition. Le rejet de cette idée est constatée dans toutes les catégories sociales : même ceux ayant de faibles revenus sont « très minoritairement » d'accord (20%), ajoute l'étude.

(1) Etude réalisée par Ipsos Mori entre le 10 janvier et le 10 février auprès de 21.000 consommateurs dans 20 pays, sur la base d'échantillons d'un millier d'adultes par pays (2.000 pour la Chine).