Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a déploré mardi la décision de l'agence d'évaluation financière Moody's de dégrader la note de solidité financière de la France, mais a insisté sur le maintien d'une perspective de croissance à 0,8% pour 2013.

"Je prends acte de cette décision, même si je la déplore, mais elle sanctionne avant tout la situation dont nous avons hérité et qui n'a pas cessé de se dégrader depuis 10 ans", a affirmé le ministre lors d'une conférence de presse. Moody's a privé lundi soir la France de son "triple A", dégradant sa note financière d'un cran à "Aa1", avec une perspective négative, ce qui signifie qu'elle envisage encore de l'abaisser à moyen terme.

M. Moscovici a néanmoins estimé que "certaines critiques sont trop fortes ou arrivent à contre-temps". "J'aurais préféré qu'on salue davantage les décisions qui sont prises, courageuses et sans précédent", a-t-il relevé, assurant que lors des assemblées du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale à Tokyo mi-octobre, il avait eu la "sensation" que les agences de notation laisseraient plus de temps au gouvernement de Jean-Marc Ayrault pour mettre en place sa politique. Mais, a-t-il observé, la dégradation de la note n'est "pas une décision prise du jour au lendemain", elle se situe "dans la continuité de la note de la France abaissée par Standard and Poor's le 13 janvier et de "la mise sous perspective négative de la note française par Moody's le 13 février". "Nous demandons à être jugés sur nos résultats", a-t-il ajouté.

"Le cap est ambitieux, c'est le redressement de la croissance et de l'emploi, le rythme est soutenu, nous n'avons pas l'intention de freiner, d'arrêter, au contraire, la méthode est sérieuse", a détaillé M. Moscovici. "Nous nous y tiendrons, non pas parce qu'une agence de notation le recommande mais simplement parce que nous estimons que ce programme de réformes est nécessaire et utile pour l'emploi, pour la croissance, pour la justice", a-t-il poursuivi. "Ca prend du temps d'inverser le cours des choses, ça demande des décisions courageuses, et c'est ce que nous sommes en train de faire maintenant", a-t-il encore argumenté.

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Il a enfin affirmé que la prévision de croissance du gouvernement, de 0,8% pour 2013, jugée trop optimiste par l'agence de notation, était "une perspective que nous pouvons atteindre". "Je n'ai jamais nié son volontarisme parce qu'elle suppose, en effet, pour être atteinte d'une part que la zone euro se stabilise, nous y travaillons, d'autre part que le pacte de compétitivité que nous avons lancé porte ses fruits, c'est une perspective tout à fait envisageable", a-t-il affirmé.