Le ministre de l'Economie Pierre Moscovic a confirmé lundi soir que le projet de loi sur la réforme bancaire serait bien présenté en conseil des ministres avant la fin de l'année. « Elle séparera les activités spéculatives des activités dont les Français ont besoin pour les PME, pour les entreprises, pour les ménages », a-t-il expliqué.

Tout en annonçant une réforme « profonde », qui ira « au fond », Pierre Moscovici a pris ses distances avec le rapport Vickers, qui prône une séparation totale entre banque de détail et activités de marché.

« Je pense que si on sépare, on risque de fragiliser les deux activités. Le modèle français de banque universelle a été plutôt plus résistant pendant la crise que d'autres », a fait valoir le ministre, en référence à cette philosophie qui consiste à pratiquer l'ensemble des métiers de la banque, sans se spécialiser. « Il y a autre chose que j'ai en tête, c'est que la banque, c'est une industrie; une industrie qui emploie, en France, 400.000 personnes », a-t-il expliqué, rappelant que le total des crédits en cours accordés aux entreprises atteignait « 800 milliards d'euros » (813 selon les derniers chiffres datant du mois d'août). Pour le ministre, « il faut réguler, pas affaiblir ».

« Attaché à l'industrie bancaire »

Pierre Moscovici avait indiqué que le projet de loi tiendrait compte des conclusions du groupe de travail mis en place autour du gouverneur de la Banque centrale de Finlande, Erkki Liikanen, publiées mardi. Elles prônent l'isolation d'une partie des activités de marché, notamment le compte propre (opérations réalisées sans lien avec un client). « Je mets en alerte, parce que la discussion aura lieu » (au Parlement), sur le risque d'« affaiblir les bonnes (activités) au profit des mauvaises », a lancé le ministre des Finances. Il s'est néanmoins dit confiant quant à l'issue des débats.

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« Je pense que le Parti socialiste est un parti qui, à la fois est très déterminé à réformer la finance, à lutter contre la spéculation et qui, en même temps, est aussi attaché à cette industrie bancaire. 400.000 emplois, tout de même ! », a-t-il martelé. Interrogé quant à sa vision de l'avenir économique, M. Moscovici s'est voulu optimiste. « Mon sentiment, c'est que la zone euro est sortie du moment où sa survie était en cause, de sa crise existentielle », a-t-il professé, faisant référence à la création du Mécanisme européen de stabilité (MES) ainsi qu'au discours volontariste du président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi.