Selon l'entourage du Premier ministre, la France est « plutôt optimiste » quant à la mise en place d'une supervision bancaire de l'ensemble des banques de la zone euro, en dépit des réserves de l'Allemagne.

La Commission européenne a récemment proposé d'accorder à la Banque centrale européenne (BCE) la responsabilité de surveiller les quelque 6.000 banques de la zone euro. L'instauration d'une supervision commune avait été définie comme la condition pour que le futur fonds de sauvetage permanent de l'Union monétaire, le MES, puisse prêter directement aux banques, sans passer par les Etats.

Un dispositif très attendu par l'Espagne qui craint que sa dette n'explose sous le poids de la recapitalisation de son secteur bancaire en difficulté, mais qui se heurte notamment à l'Allemagne. Berlin s'oppose à ce que le superviseur unique contrôle toutes les banques de la zone euro, même les plus petites, jugeant que ce serait inefficace.

Plus d'intégration

« C'est plutôt en bonne voie », a-t-on toutefois assuré dans l'entourage de Jean-Marc Ayrault, qui rencontre mardi après-midi à Bruxelles le président de la Commission, José Manuel Barroso, pour une « première prise de contact ». Selon les services du Premier ministre, « il y a un engagement très clair des chefs d'Etat et de gouvernement » sur ce sujet, qui est « très touffu ».

« Notre demande est que ça s'applique à toutes les banques de la zone euro, c'est un point sur lequel les discussions sont en cours », a-t-on ajouté de même source, relevant qu'il est « difficile d'établir une liste des banques qui présentent un risque systémique ».

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« Sur la supervision, on est plutôt optimiste », a-t-on résumé dans l'entourage de Jean-Marc Ayrault. Celui-ci devrait aussi aborder avec M. Barroso les récentes déclarations du président de la Commission qui estime que l'UE évolue vers une fédération d'Etats-nations. « La France est favorable à plus d'intégration solidaire », a-t-on expliqué à Matignon. « La France est ouverte et consciente du fait que plus de solidarité au sein de la zone euro appelle plus d'intégration ».