Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a recommandé à l'équipe du nouveau président François Hollande « d'éviter la précipitation » dans l'élaboration de la réforme qui doit mener à l'isolation des activités spéculatives des banques.

« Je ne vois pas d'intérêt particulier pour les activités dites spéculatives », a prévenu en préambule Christian Noyer, assurant qu'il « n'y en pas beaucoup » actuellement au sein des banques françaises. « Si elles pouvaient disparaître (...), je m'en porterais aussi bien ». Toutefois, le gouverneur, qui est également président de l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP), régulateur des banques, a néanmoins estimé que l'isolation des activités spéculatives « suppose un travail d'analyse assez complexe ».

Le cas du « market maker »

« Il serait paradoxal de vouloir réduire les risques et, en fait, soit de les augmenter soit de nuire au financement de l'économie française », a poursuivi le patron de la Banque de France, faisant référence à l'activité dite de teneur de marché (« market maker ») des banques, qui consiste pour les établissements à jouer le rôle d'intermédiaire pour des produits financiers échangés de gré à gré et non sur une plate-forme régulée, comme c'est le cas des obligations.

Les banques s'engagent, par exemple, à racheter à leurs clients les titres dont ils souhaitent se défaire et se chargent de les replacer ensuite à des investisseurs. Techniquement, elles achètent donc ces titres pour leur propre compte mais pas dans un but spéculatif. « Quand vous êtes market maker pour la dette souveraine ou la dette des entreprises, vous facilitez le financement de l'Etat et des entreprises », considère ainsi Christian Noyer, qualifiant cette activité de « saine ».

« Calibrer la réforme »

Il a également mentionné les opérations de couverture menées par les banques pour leur propre compte dans le cadre de la gestion de leur bilan. Pour éviter qu'une évolution brutale du cours des devises ou des taux d'intérêt ne les fragilise, une banque achète des produits dérivés pour se couvrir. Dès lors, pour le gouverneur de la Banque de France, elle « prend des positions qui sont pour compte propre (pour son propre compte et non celui de ses clients), mais qui aboutissent à réduire le risque » encouru par la banque.

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Le sujet étant complexe, « je recommanderais d'éviter la précipitation » dans le calibrage de la réforme, a exhorté Noyer. Il suggère ainsi de mener « un travail d'analyse tout à fait serein, sur lequel nous pouvons apporter toute notre expertise ».