Plusieurs dizaines de victimes de la « Madoff de Touraine », qui se sentent « abasourdies » et « honteuses », se sont réunies jeudi matin à la gendarmerie de Chinon (Indre-et-Loire) pour tenter de coordonner leur action, a annoncé la responsable de l'association qui les soutient.

Pendant plus de deux heures, une cinquantaine de personnes de tous âges se sont retrouvées dans les locaux de la gendarmerie pour une réunion d'information sur leurs droits organisée par l'Association d'aide aux victimes d'infractions pénales (Adavip) d'Indre-et-Loire, selon sa directrice Marie-Paule Carrey.

« Ils sont venus chercher une réassurance. Ils sont réellement abasourdis, déçus et honteux et dans une situation psychologique pour certains très délicate » a déclaré à la presse Mme Carrey à l'issue de la réunion. « Ils sont particulièrement honteux de la situation et du jugement des gens sur eux, c'est ça qui les blesse le plus ».

Adavip mandatée par le procureur

L'Adavip a été mandatée par le procureur de Tours pour venir en aide aux victimes de cette escroquerie pyramidale qui porte sur un total de près de trois millions d'euros. Une trentaine de plaintes ont été déposées mais ce nombre pourrait s'accroître dans les prochains jours, selon une source proche du dossier.

Les victimes, qui ont toutes refusé de s'exprimer devant les médias, ont été informées de leurs droits et de la procédure d'indemnisation qui s'annonce longue et délicate, lors de la réunion. Elles n'ont pas encore décidé si elles engageaient une action commune avec un même avocat, selon Mme Carrey.

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Ils ont tous conscience qu'ils risquent de ne pas récupérer leur argent, selon elle. « Mais pour l'instant leur priorité est de comprendre comment ils ont pu en arriver là », a-t-elle ajouté. « Ce qu'ils peuvent dire, c'est qu'ils avaient confiance » en Sylviane Hamon, selon Mme Carrey. « Ils se sentent bafoués ».

Des rendements de 10 à 30% !

Selon les premiers éléments de l'enquête, Sylviane Hamon, une ancienne employée de banque de la région de Bourgueil (Indre-et-Loire) et ancienne conseillère municipale de la commune de Benais, faisait miroiter à des proches, famille, amis, voisins, des placements avec des rendements allant de 10 à 30%. Cette femme de 49 ans a été mise en examen mardi pour abus de confiance et placée en détention provisoire. Son mari a été mis en examen pour recel d'abus de confiance et laissé en liberté sous contrôle judiciaire.