Le PDG du réassureur Scor, Denis Kessler, estime qu'une explosion de la zone euro ne peut désormais être exclue et que les dirigeants mondiaux ont perdu un temps précieux pour lutter contre la crise, qui peut encore s'aggraver, alors qu'ils sont démunis pour la combattre.

Une explosion de la zone euro « n'est malheureusement plus impossible, car la crédibilité des solutions proposées est entamée », analyse M. Kessler, dans un entretien que publie lundi le quotidien Les Echos. Pour l'ancien vice-président du patronat français, il faut désormais agir « d'urgence ».

40 milliards pour la Grèce

« Au rythme actuel, les opinions publiques des pays les plus fortes de la zone euro vont devenir hostiles à la monnaie unique », craint-il. « En France, le sauvetage de la Grèce représente 40 milliards d'engagements supplémentaires pour notre pays ».

Pour M. Kessler, les dirigeants mondiaux ont fait une erreur d'analyse en cherchant à sortir de la crise par une relance keynésienne classique. « On s'est trompé sur la posologie », en recourant à l'augmentation massive de la dette et de la création monétaire. « Résultat: alors que la crise pourrait à nouveau s'aggraver, nous n'avons plus de munitions et avons perdu un temps précieux ».

Frais bancaires : jusqu'à 223 € d'économies grâce à notre comparateur

En une pique dirigée envers l'actuelle président du Medef Laurence Parisot, qui avait dénoncé une campagne contre la zone euro orchestrée outre-Atlantique, M. Kessler estime « inutile de chercher des boucs émissaires ». « La paranoïa n'est pas une variable économique », note-t-il, même s'il admet que la crise actuelle marque une « redistribution entre les zones économiques et les zones monétaires du globe ».