Le PDG de Total, Christophe de Margerie, estime inévitable que le litre de super grimpe à 2 euros, dans une interview mardi au Parisien, dans laquelle il juge que la contribution exigée des pétroliers pour enrayer la hausse du prix des carburants est « une solution à très court terme ».

« Cela ne fait aucun doute », répond Christophe de Margerie à la question de savoir si le super à 2 euros/litre est « inéluctable ». « La vraie question, c'est quand ? Il faut espérer que cela n'arrive pas trop vite, sinon les conséquences seront dramatiques ».

Le patron de Total met en avant l'instabilité engendrée par le conflit en Libye et les révoltes arabes pour souligner « la fragilité de la situation », et relève que sans la remontée de l'euro face au dollar, « la facture aurait été encore plus douloureuse ». Le coup de pouce de 115 millions d'euros de la filière pétrolière pour financer une revalorisation du barème kilométrique des contribuables est « utile », car « elle aidera les personnes les plus touchées par la forte hausse des prix du carburant ». Cependant, il ne peut s'agir que d'une « solution à très court terme » car « à plus long terme, ce ne sera pas suffisant ».

Pour Christophe de Margerie, « il faudrait pouvoir stopper la flambée du prix du pétrole » et « cela n'est pas en notre pouvoir ». « La vraie solution ne peut être que globale : il faut miser sur les investissements, passer à la vitesse supérieure sur les économies d'énergies et diminuer la consommation », fait valoir le PDG de Total.

Au passage, il s'insurge contre la proposition de loi du patron des députés UMP Christian Jacob visant à interdire l'exploration et l'exploitation en France des gaz de schiste. « C'est vraiment mettre la charrue devant les boeufs ! », critique Christophe de Margerie. « On se moque du monde ! Avant même qu'on ait eu le temps simplement de pouvoir évaluer ce qui existait, on a dû faire face à une campagne outrancière - et je pèse mes mots - contre cette ressource potentielle ».

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Le super sans plomb 95 a dépassé 1,53 euro/litre en moyenne la semaine passée, atteignant un plus haut niveau historique.

Une aide dérisoire

Pour sa part, la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT), a estimé mardi que les mesures d'aide aux automobilistes annoncées la veille par le gouvernement ne représenteront qu'une « somme dérisoire, soit une vingtaine d'euros en moyenne », qui « ne bénéficiera même pas aux ménages les plus modestes, qui ne sont pas imposés ».

La Fédération a demandé au gouvernement de lancer « une grande campagne d'information sur les alternatives existantes à la voiture et les avantages de l'écoconduite », qui permet, selon elle, de réduire d'environ 20% la consommation de carburant.