Une soixantaine d'entrepreneurs se sont insurgés dans une tribune contre une taxe sur la publicité en ligne, votée au Sénat et qui pourrait être définitivement adoptée lundi, affirmant qu'elle se trompe de cible en "fauchant" les "petits français" au lieu des "géants américains".

La commission mixte paritaire réunissant députés et sénateurs doit se pencher lundi après-midi sur la « taxe Google », qui prévoit un prélèvement supplémentaire à hauteur de 1% des achats de publicité en ligne et a été adoptée sur amendement le 23 novembre par le Sénat.

« Une telle taxation nuirait en priorité à ceux que l'on imaginerait plutôt devoir aider et défendre: les entreprises françaises par rapport à leurs consoeurs étrangères et les plus faibles par rapport aux plus puissantes », s'inquiètent les dirigeants de Dailymotion, aufeminin.com ou encore allocine.

Une question européenne

Les sénateurs ont souhaité instaurer ce nouveau prélèvement pour amener des géants de l'internet comme Google, Facebook, Amazon, eBay (qui ne paient pas de revenus en France en raison de leur domiciliation fiscale à l'étranger), à contribuer au budget. Mais, selon les signataires de ce texte à paraître dans La Tribune mardi, ce « raisonnement sophistiqué » est pervers. « C'est une question européenne » qui ne peut « se régler depuis la France », argumentent-ils.

Surtout, la taxation se trompe de cible car elle ne porte « que sur les annonceurs fiscalement domiciliés en France », qui subiront donc une « perte de compétitivité » car leurs « investissements publicitaires sur Internet seraient alourdis par rapport à ceux de leurs concurrents étrangers ». « On vise les géants américains et ce sont les petits français qu'on fauche »: « bien loin de la Silicon Valley à la française dont on pourrait rêver, c'est un Silicon désert » qui attend le secteur, préviennent-ils.

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« Une telle taxe ferait mécaniquement baisser les recettes des acteurs français installés en France et retarderait d'autant la date à laquelle ils peuvent espérer trouver leur point d'équilibre », avancent-ils. « C'est à coup sûr condamner beaucoup de ces start-up qui ont plus besoin d'incubateurs que de fossoyeurs », selon eux.