Les primes d'assurance automobile devraient repartir à la hausse en 2011, entre 3 et 5% l'an prochain, pour atteindre une augmentation de 8 à 9% sur la période 2011-2013, révèle jeudi le quotidien économique Les Echos.

Interrogée par l'AFP, la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA) a indiqué n'avoir aucune information concernant l'évolution des tarifs prévue pour 2011 et ne prévoit de recueillir les premières tendances qu'à la fin du mois d'août.

En revanche, l'assureur mutualiste Groupama a concédé que la tendance était à la hausse. « Il est clair que la confirmation de la sinistralité automobile (le taux d'accidents, ndlr) au premier semestre va conduire Groupama à renouveler des augmentations », a indiqué à l'AFP le directeur général finance et risque de l'assureur mutualiste Groupama Christian Collin, estimant que le mouvement de relèvement tarifaire est « vrai pour l'ensemble du marché ».

De leur côté, Les Echos affirment que « ces hausses de prix ne s'expliquent pas par un nombre d'accidents plus élevé » - le premier semestre 2010 a connu un recul de 10,6% du nombre de tués sur les routes par rapport à la même période en 2009 - mais parce que « les assureurs, qui gagnent moins d'argent en assurance auto, ont besoin de se refaire, après une très mauvaise année 2009 ».

Le nombre de sinistres en hausse

En fait, si le nombre de blessés et de morts sur les routes est en baisse, il n'en va pas de même pour le nombre de sinistres (dommages occasionnés à des véhicules), la plupart d'entre eux ne provoquant pas de dommages corporels.

Dans le cas des événements climatiques, par exemple, beaucoup de véhicules endommagés le sont alors qu'ils se trouvent à l'arrêt et vides de tout occupant.

A l'instar de 2009, les assureurs ont ainsi été affectés dans la première moitié de 2010 par de nombreux événements climatiques, au premier rang desquels la tempête Xynthia qui a frappé la France le 28 février et causé pour 1,5 milliard d'euros de dégâts assurés.

D'autres facteurs, notamment la hausse du coût moyen des réparations ou celle de l'indemnisation des victimes d'accidents corporels, mettent les assureurs sous pression.

« Dans ce contexte, on serait donc reparti pour au moins trois ans de hausse des tarifs. Objectif des assureurs: revenir à l'équilibre », expliquent Les Echos, qui précise que « dans la profession, on évoque ainsi 8% à 9% de hausse étalée sur trois ans, avec dans l'idéal, 3% à 5% l'an prochain ».

« Les effets sur la facture varieront sensiblement d'un assureur et d'un assuré à l'autre. Pour mémoire, la prime moyenne pour un quatre roues est de l'ordre de 450 euros HT », rappellent Les Echos.