Depuis la demande officielle de soutien, lancée par la Grèce vendredi, les réactions s'enchaînent, laissant apparaître certaines divisions, notamment entre la France et l'Allemagne.

L'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) vont-ils voler au secours de la Grèce ? Trois jours après la demande officielle d'aide financière, lancée vendredi par le premier ministre Georges Papandréou, la question n'est pas encore tranchée, même si la balance semble plutôt penchée en faveur du oui.

Pas de souci, en tout cas, du côté du FMI. La rencontre, dimanche, entre son directeur, Dominique Strauss-Kahn, et le ministre grec des finances, Georges Papaconstantinou, semble avoir été fructueuse. Tous deux ont fait savoir que l'aide du FMI, une quinzaine de milliards d'euros, pourrait être versée dès le mois prochain, alors que la Grèce doit faire face, le 19 mai, à une échéance de remboursement de 8,5 milliards d'euros.

Lagarde solidaire

L'Union européenne est, par contre, plus divisée sur la question. Sur la même ligne que le FMI ou les Etats-Unis, Christine Lagarde, la ministre française de l'économie, a fait du versement de l'aide une question de principe : « Nous défendons le territoire de l'Euro, a-t-elle déclaré dans une interview publiée par le Journal du Dimanche. Lorsqu'une partie de ce territoire est attaquée, et que notre devise commune est sous pression, on est tenus d'être solidaires. »

C'est le 3 mai prochain que l'Assemblée nationale débattra du prêt à la Grèce de 6,3 milliards d'euros à 5% d'intérêts, dont 3,9 milliards en 2010. François Baroin, le ministre du budget, présentera ce plan français, qui prendra la forme d'un collectif budgétaire, demain mercredi devant la commission des finances de l'assemblée.

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Droit de veto de l'Allemagne

A l'opposé du volontarisme français, Wolfgang Schaüble, le ministre allemand des finances, a laissé planer le doute, dimanche, sur les intentions de son pays. « Le fait que ni l'UE, ni le gouvernement [allemand] n'ont pris de décision pour l'instant signifie qu'elle pourra être positive ou négative » a-t-il déclaré au journal Bild am Sonntag.

L'Allemagne demande notamment que la Grèce s'engage, en échange de l'aide, à mettre en place un strict plan de rigueur, afin de réduire durablement sa dette publique. Et elle dispose, de fait, d'un droit de veto, puisque la décision de verser l'aide devra être prise à l'unanimité des pays de la zone euro.

Reste que selon certaines sources, rapportées par l'AFP, le scepticisme allemand serait loin d'être définitif, mais lié plutôt à des enjeux de politique intérieure. L'opinion publique allemande, en effet, est en général hostile au plan d'aide à la Grèce. Et le 9 mai prochain se profile un scrutin crucial pour la coalition actuellement au pouvoir, avec les élections régionales en Rhénanie du Nord – Westphalie.