Selon un haut responsable français, le gouvernement envisage d'instaurer une taxe sur les banques, dont les recettes alimenteraient le budget de l'Etat, afin de "peser sur les activités les plus risquées".

Une telle taxe "ne fonctionnera bien que si toutes les grandes places financières adoptent une contribution à peu près comparable", a affirmé ce responsable sous couvert de l'anonymat.

La ministre française de l'Economie Christine Lagarde doit participer mercredi à un conseil des ministres allemand au cours duquel Berlin présentera son projet de taxe sur les banques, censé alimenter un fonds pour venir en aide aux établissements financiers en cas de nouvelle crise. La semaine dernière, elle s'était dite favorable "dans le principe" à une taxe, mais "pas nécessairement exactement comme les Allemands".

"On penche plutôt pour une taxe qui alimenterait le budget général", a précisé mardi le responsable français. Cela aurait selon lui l'avantage de ne pas alimenter "l'aléa moral" en donnant l'assurance aux banques qu'elles seront sauvées quoi qu'elles fassent, via un fonds de secours spécifique.

Le gouvernement français souhaite également que cette contribution du secteur financier puisse "peser sur les activités les plus risquées des banques", a-t-il ajouté. Pour cela, il faudra choisir la bonne assiette, a-t-il poursuivi, citant en exemple le "trading book (portefeuille de valeurs et d'instruments financiers détenus par la banque, ndlr) ou les actifs pondérés par les risques".

Frais bancaires : jusqu'à 223 € d'économies grâce à notre comparateur

Le responsable n'a toutefois pas fourni de calendrier pour l'adoption d'une taxe sur les banques en France, estimant que la réflexion technique et la concertation internationale n'étaient pas abouties.

Le Fonds monétaire international (FMI) doit remettre en avril, à la demande du groupe des principaux pays émergents et riches (G20), un rapport sur ce sujet.