Dans un entretien publié par le quotidien Les Echos, la ministre de l'économie s'est déclarée opposée à la création d'une taxe de 10% sur les bénéfices des banques. Elle souhaite toutefois que celles-ci financent les futures instances de régulation du secteur financier.

Adoptée mercredi dernier par la commission des finances de l'Assemblée nationale à l'initiative de son président, Didier Migaud (PS), la taxe additionnelle de 10% sur les bénéfices des banques a, depuis, beaucoup fait parler.

Il faut dire que l'amendement avait reçu le soutien des députés du Nouveau Centre, alliés de la majorité, mais aussi de quatre élus UMP, favorables à l'instauration de la taxe pour 2010. « Les contribuables ont aidé les banques qui se retrouvent dans une situation bénéficiaire et distribue des bonus » avait justifié Chantal Brunel, députée UMP de Seine-et-Marne.

Dans la foulée, plusieurs voix s'étaient élevées contre l'éventualité d'une telle taxe.

Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, avait plaidé pour que cette question, un « vrai sujet », soit traitée non pas à l'Assemblée nationale, mais à l'échelon international, dans le cadre du G20.

La Fédération bancaire française (FBF), ensuite, avait contesté, dans un communiqué, une disposition qui « réduirait la compétitivité de banques françaises et de la Place financière de Paris, affaiblissant leur capacité à investir et à financer les entreprises et les particuliers, au moment où ils en ont le plus besoin. »

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Les opposant entendus

Les arguments des opposants à la taxe ont été entendus au plus haut niveau. Dans un entretien accordé au quotidien Les Echos, Christine Lagarde, la ministre de l'économie, a en effet tranché : « Il n'est pas question de prendre une mesure à caractère national qui plomberait le système bancaire français. »

Toutefois, elle estime « logique » que les banques assument « les frais liés à la supervision » du secteur.

Le 30 septembre dernier, Christine Lagarde avait annoncé qu'elle présenterait, d'ici à la fin de l'année, un projet de loi sur la régulation financière et bancaire. Parmi les dispositions attendues figure la création d'un conseil de la régulation financière et des risques systémiques.